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Beaucoup de carrières politiques sont finies aujourd’hui

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    Un ouragan vient de balayer la scène politique tunisienne. Ce dont nous avons alerté depuis des mois, voire des années vient de se produire. Aucun représentant de la famille démocratique n’est parvenu à se hisser au deuxième tour de l’élection présidentielle.

    Confronté à une claque du même genre, Lionel Jospin, ancien Premier ministre français et leader du parti socialiste, avait déclaré : « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions, en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle ». Il y a plusieurs pseudo-leaders qui devraient aujourd’hui en prendre de la graine et libérer l’espace médiatique et politique de leurs ombres.

     

    Les héritiers d’une histoire politique profonde se sont fait aujourd’hui humilier et balayer par des « entrepreneurs en politique » qui ont fait irruption sur la scène. Il n’y a plus aujourd’hui de famille démocratique puisque les Chahed, Zbidi, Aïdi, Jomâa et autres se sont fait battre à plates coutures. Ils ont trahi leur héritage politique et ce sont tous pris pour ce qu’ils ne sont pas, chiffres à l’appui. La palme du suicide politique revient ex-aequo à Youssef Chahed et à Abdelkarim Zbidi. Leurs équipes de campagne se sont attaquées, diffamées et insultées à tout va. Chacun d’eux a mis une énergie considérable à anéantir les chances de l’autre et ils y ont mis un soin particulier. Cela a été efficace puisqu’ils se retrouvent tous deux aujourd’hui au chômage politique après avoir fini de détruire ce qui reste de cette famille politique.

    Il reste Aïdi et Jomâa qui n’ont pas réussi à se défaire de leurs égos et de prétendre « réunir la famille démocrate et moderniste ». D’ailleurs, il s’agit d’un slogan que personne ne devrait prononcer pendant les cinq prochaines années. Leur échec est retentissant et à moins de poursuivre dans leur illusion de départ, il est clair aujourd’hui qu’ils n’ont pas la place qu’ils espéraient sur l’échiquier politique du pays.

     

    Cette lubie de réunir la famille démocrate et moderniste est une blague de mauvais goût qui a pris fin aujourd’hui. Dans les années passées cela pouvait encore passer, chacun pouvait prétendre réunir autour de son illustre personne les progressistes de tous bords car il n’y avait aucun repère, aucune visibilité sur le poids électoral réel de chacun. Aujourd’hui, la science des statistiques montre que leurs poids électoral est négligeable par rapport aux nouveaux ténors de la politique tunisienne. Des gens qui ont bien plus profité de leurs faiblesses et de leurs mauvais jugements que de leurs propres campagnes, même financées à gros sous.

     

    Les dissensions et les batailles de palais ont commencé depuis 2014 et nous avons alerté depuis longtemps sur le caractère dangereux de cette situation. Mais n’écoutant que leur bêtise et leur égo, ils ont pensé avoir les qualités nécessaires pour unifier et rassembler autour de leurs personnes. Ils n’ont pas eu la sagesse de comprendre que le seul qui a réussi ce tour de force était Béji Caïd Essebsi en fondant Nidaa Tounes, en s’appuyant également sur la volonté claire de contrer le parti islamiste Ennahdha.

     

    Tout un pan de la société tunisienne aujourd’hui ne se reconnait pas dans le duo qui vient d’accéder au deuxième tour de la présidentielle car ils ont été trahis par les patrons de partis se réclamant du progressisme et de la démocratie. Une partie non négligeable de la société tunisienne ne se voit pas représentée par le président de leur République quel que soit son nom. Toute cette partie de la société a aujourd’hui pris un gros coup sur la tête, une gueule de bois généralisée s’est emparée de ceux qui pensaient à une Tunisie démocratique, propre et progressiste. Certains ont même pleuré à l’annonce des résultats de ce premier tour. Les leaders de cette pseudo-famille sont responsables de cette catastrophe, et ils feraient tous mieux de disparaitre pour un bon moment.

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