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Fâcheux désarroi de l’électorat

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    Franchement, la position de l’électeur tunisien est vraiment inconfortable. C’est le moins que l’on puisse dire. Pour une grande part de l’électorat, le choix de vote pour le second tour de la présidentielle est déjà cornélien, entre seulement deux candidats. Encore que, il lui reste quelques temps pour voir venir. Le scrutin présidentiel est prévu pour le 13 octobre prochain. Mais, s’agissant des élections législatives, le choix de vote représente un véritable casse-tête pour tous les électeurs. Il ne lui reste qu’une dizaine de jour pour se décider. Sans faire grand étalage de données qui embrouilleraient encore davantage les esprits, il convient cependant de montrer combien le choix sera difficile. C’est qu’il y a une moyenne de 47 listes par circonscription électorale.  Les électeurs de Sidi Bouzid auront la tâche la plus ardue pour marquer leur préférence devant 73 listes de candidats. Idem des électeurs de Gafsa invités à choisir une liste sur 70. Même notre communauté à l’étranger ne saura à quelle liste se vouer. A Paris, 36 listes candidates se présentent dans la 1ère circonscription pour un peu moins de 90 000 électeurs. En Allemagne, 19 candidats se disputent un seul siège à l’ARP.

     

    Autant dire que pour séparer le bon grain de l’ivraie, l’électeur devra compulser une pile à n’en plus finir de programmes politiques et socioéconomiques.  Il est à craindre qu’en désespoir de cause, il ne soit tenté par l’abstention. En tout cas, ce scénario n’est nullement à négliger.

     

    En 2014, aux élections législatives, le taux d’abstention  avait atteint près de 40%. On s’en était ému à l’époque.  Les élections municipales de 2018, dont le déroulement s’apparente sensiblement à celui des élections législatives, le taux d’abstention a atteint un record : 76%. Moins de 3 électeurs sur 10 sont allés accomplir leur droit citoyen.

    Qu’en sera-t-il au soir du 6 octobre prochain ? Visiblement déjà, le Tunisien ne semble pas trop se préoccuper de ce rendez-vous, oublieux du fait que c’est à l’Assemblée des représentants du peuple que tout se décide. Il semble encore accaparé par les résultats du 1er  tour de la présidentielle.

     

    L’UGTT va-t-elle le réveiller de sa torpeur ? La centrale syndicale a fait publier, ces jours-ci, en pleines pages de journaux les fameuses 110 questions adressées aux partis « afin de prendre connaissance de leurs programmes et aider l’électeur à choisir le plus apte et le plus compétent pour sauver le pays ».

    En fait, il ne s’agit pas de 110 questions, mais beaucoup plus encore. Car, à la lecture, certaines questions en comportent plusieurs. Exemple : « Quel est votre avis sur la loi électorale ? Etes-vous pour sa modification ? Dans quel sens ? ». On peut rétorquer que cela tombe sous le sens. Sauf que pour d’autres questions, on passe du coq à l’âne et au n’importe quoi. Exemple : « Quelles sont vos propositions sur les conditionnalités à établir entre les avantages fiscaux accordés aux entreprises dans le cadre du code d’investissement et les capacités des entreprises bénéficiaires à attirer l’investissement étranger et le transfert de technologie et sur les conditionnalités à établir en termes d’objectifs quantitatifs et qualitatifs, d’investissement, d’emploi, d’exportation, de croissance et de non emploi de personnel étranger pour que l’entreprise puisse bénéficier des avantages fiscaux ». Plus loin, une question surgit : Quelles sont vos propositions pour alléger les procédures administratives.   

     

    Ainsi, des 110 questions, on passe à pas moins de 240 questions pour aider les électeurs à faire leur choix. Cependant, est-ce que les partis concernés ont eu suffisamment de temps pour publier leurs réponses ? Cela semble une gageure. Et quand bien même cela est possible. Est-ce que l’électeur aura le temps nécessaire pour s’informer et se faire une idée ? Curieux de tout lire, il oubliera d’aller voter.

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