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Kaïs Saïed : j’aurais préféré que Nabil Karoui soit libre

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    Le candidat au second tour de la présidentielle, Kaïs Saïed a accordé une interview à la chaine Al Wataniya 1, ce jeudi 26 septembre 2019, pour revenir sur plusieurs interrogations concernant ses positions et son programme.

     

    Kaïs Saïed a indiqué qu’il n’est en concurrence avec personne, soulignant qu’il s’est présenté à la présentielle partant de son sens de la responsabilité. Il a ajouté que sa campagne était plutôt explicative, assurant qu’il a proposé un nouveau projet et une nouvelle vision. « J’ai dépassé les classifications classiques. La problématique en Tunisie est purement socio-économique ».

     

    Le candidat à la présidentielle a considéré qu’il n’est enfermé dans aucun cercle idéologique, précisant que ceux qui veulent le soutenir sont libres de le faire. « Toutes les parties qui me soutiennent le font pour le projet que je propose. Mais ceux qui attendent une contrepartie, je dis qu’il y en aura aucune ».

     

    Quant aux pages qui le soutiennent faisant preuve d’une grande violence verbale, il a assuré qu’il n’a aucune page Facebook et qu’il n’a jamais utilisé les réseaux sociaux. « Je refuse toute violence verbale et je profite de mon passage pour appeler mes soutiens à ne pas s’inscrire dans cette violence et de ne toucher aucun sou pour leurs activités ».

     

    Kaïs Saïed a indiqué qu’il n’a pas été présent dans les médias pour des raisons purement éthiques, afin d’éviter qu’on l’accuse d’avoir profité de la situation actuelle, notamment, l’absence d’égalité des chances entre les candidats. Il a ajouté qu’il n’a aucun rapport avec des parties étrangères dans sa campagne électorale, « je ne suis au courant que de l’implication des jeunes. Personne ne veut croire à la réalisation de ces jeunes Tunisiens. Même mon passeport a expiré depuis 2014 ».

     

    Dans un autre contexte, il est revenu sur la question des libertés individuelles. « Concernant l’héritage, la question est basée sur l’équité et non sur l’égalité. Dans le cercle familial, il n’est plus question de citoyenneté. En tous les cas, j’insiste sur la nécessité de protéger les acquis de la femme tunisienne », et d’ajouter que les libertés individuelles sont garanties dans l’espace privé, mais que l’espace public doit obéir aux normes et aux valeurs sociales.

     

    Kaïs Saïed a indiqué que son projet de gouvernance dépend de la volonté parlementaire : « Personnellement, je n’ai fait aucune promesse, j’ai juste présenté une vision et j’ai expliqué les mécanismes pouvant la mettre en application. Après, tout dépend de la volonté du parlement. Pour ma part, je présenterai des initiatives et une proposition d’amendement de la Constitution ». Concernant son projet de gouvernance locale et de décentralisation, il a assuré qu\’il n\’est nullement question de comités populaires puisque ce sera basé sur des élections.

     

    D’autre part, Saïed a abordé le dossier de l’indépendance de la Justice. Il a déclaré : « Une justice indépendante vaut mieux que 1000 constitutions. Le délabrement des services publics ne peut conduire qu’à l’effondrement de l’Etat, et ce qui se passe aujourd’hui est très grave. Il faut garantir l\’impartialité des services publics, notamment, la justice, afin de pouvoir résoudre tous les dossiers brûlants à l’instar de l’affaire des martyrs Belaïd et Brahmi ».

     

    Revenant sur l’Etat d’urgence, Kaïs Saïed a indiqué que cette loi a été promulguée dans l’urgence estimant qu’elle est en contradiction avec la Constitution. « Il est nécessaire de mettre en place un nouveau texte de loi portant  sur l\’organisation de l’Etat d’urgence. Quant aux personnes de retour des foyers de tensions, il faut prendre les mesures nécessaires à leur encontre afin de garantir la sécurité nationale ».

     

    Il a abordé la situation du candidat Nabil Karoui indiquant : « La situation est inconfortable pour moi d’un point de vue éthique. J’aurais préféré qu’il soit libre. Je ne peux intervenir dans les décisions de justice. Vous, hommes de médias, pouvez appeler à sa libération ».

     

    Kaïs Saïed a, également, indiqué qu’il est nécessaire de finaliser la mise en place des institutions constitutionnelles, notamment, la cour constitutionnelle.

     

    Il s’est, par ailleurs, penché sur la situation économique : « La situation économique ne peut être résolue qu’à travers la volonté du peuple, d’où mon projet de la construction verticale ». Quant à sa proposition de réconciliation avec les 460 hommes d’affaires, il a affirmé que ce fût une proposition établie en 2012. « La liste des hommes d’affaire existe. Notre proposition consiste à ce qu\’ils investissent les sommes qui leur sont dues dans les zones les plus démunies sous le contrôle de l’Etat ».

     

    Concernant les relations internationales, et plus particulièrement, le dossier libyen, Kaïs Saïed a estimé qu’il est nécessaire de respecter la légitimité internationale, soulignant que la Tunisie doit être une force de proposition allant dans le sens du rassemblement. « Il faut qu’on reste à l’écart de la politique des axes. Il faut faire la différence entre l’Etat syrien et le régime. Je suis pour le rétablissement des relations avec la Syrie ». Il est, également, revenu sur les relations entre les pays du Maghreb, appelant à dépasser les conflits et à aller vers une plus grande union. « Nous avons, aussi, des relations stratégiques avec l’Union européenne. Mes positions conflictuelles par rapport aux pays européens, c’est de la pure diffamation, dont je connais la source ».

     

    Kaïs Saïed a assuré qu’il ne vendra pas des illusions aux Tunisiens. « Je ferai tout ce qui est dans mes prérogatives. Je ne serai pas conflictuel et j’œuvrerai pour être rassembleur et fédérateur. Il n’y aura aucun retour sur les libertés et les droits acquis de la femme ».

     

    Le candidat a promis d’être « à la hauteur des aspirations des Tunisiens. Je ne ferai pas de fausses promesses, non plus. Je n’épargnerai aucun effort pour la promotion de l’image de la Tunisie, et je déploierai tous les efforts nécessaires pour garantir une vie digne pour les Tunisiens ».

     

    Sarra HLAOUI

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