Philippe de Veulle, avocat des victimes françaises de l\’attentat du Bardo, a accordé une déclaration à Business News, ce samedi 28 septembre 2019, à propos des derniers développements de l’affaire, notamment après la publication d’un document attestant que le ministère de l’Intérieur était informé de l’imminence d’une attaque.
Philippe de Veulle explique qu’il avait en sa possession ce document qui lui avait été transmis par « une personne bien informée ». L’avocat affirme qu’il défendait la thèse de la responsabilité de l’Etat tunisien, mais qu’à part les témoignages, il ne détenait pas de preuves matérielles.
« Aujourd’hui, ce document constitue une preuve matérielle que le ministère de l’Intérieur était au courant de l’imminence d’un attentat au Bardo et que l’Etat n’a rien fait pour assurer la sécurité des touristes ou leur interdire la zone quelques jours avant l’attaque. D’autre part, cette théorie corrobore les dires sur la complicité du juge d’instruction qui a libéré des présumés complices de l’attentat pour motif de torture ».
Pour Me de Veulle, l’affaire prendra une nouvelle tournure après la publication du document par le comité de défense de Belaïd et Brahmi. Il a affirmé qu’il a, lui-même, rendu public le document depuis le mois de juin sur son compte Twitter.
« J’avais averti les médias français qui n’ont pas relayé l’information. J’espère que maintenant, compte tenu de la gravité de cette information, que l’on puisse l’exploiter dans l’intérêt des victimes ».
Selon l’avocat, l’Etat tunisien est protégé par l’Etat français et il existe un silence du gouvernement français sur les éléments qu’il a déjà apporté au président François Hollande en septembre 2016. « Emmanuel Macron, à son tour, n’a rien voulu entendre de cette histoire en refusant de recevoir les éléments à charge contre la Tunisie courant novembre 2017 ».
Pour l’heure, Philippe de Veulle attend l’issue de l’élection présidentielle qui se tiendra le 13 octobre. Il a conclu en ces termes : « Je fais confiance aux résultats de l’élection présidentielle et j’espère que le prochain président de la République tunisien me recevra pour trouver une sortie honorable à ce scandale ».
I.L.










