La deuxième partie des débats télévisés pour les législatives, organisés par la Télévision Tunisienne, a eu lieu ce mardi 1er octobre 2019, pour revenir sur les principaux points concernant les programmes des députés présents sur le plateau.
Les députés prenant part au débat ce soir sont :
· Moheddine Khemiri, représentant du parti la Justice et le Développement
· Sahbi Mokhtari, représentant des listes des Jeunes libres de la Tunisie
· Khaled Omri, représentant du parti Halloumou li Tounes
· Ali Ben Mime, représentant du parti l’Alliance pour la Tunisie
· Yassine Ayari, représentant des listes Amal
· Hatem Mliki, représentant du parti Au cœur de la Tunisie
· Salem Labiadh, représentant du mouvement Al Chaâb
· Riadh Ben Ahmed, représentant du parti Beni Watani
· Moncef Cherigui, représentant du parti communiste
Le débat a porté sur trois axes principaux à savoir, les questions sociales, éducatives et de santé, les questions sur le développement, l’économie et les finances publiques ainsi que les questions régionales.
Pour chaque axe, une question commune a été posée à tous les candidats, suivie par une question spécifique. Par la suite, un débat a lieu entre trois députés où ils peuvent se poser des questions mutuellement.
Questions sociales, éducatives et de santé
Pour le premier thème, les candidats ont fait part de leurs solutions proposées pour lutter contre la pauvreté. Moheddine Khemiri a considéré qu’il est nécessaire de garantir l’équité entre les régions et de réduire la TVA. Pour Sahbi Mokhtari, le problème réside dans la marginalisation des régions défavorisées. Yassine Ayari a pointé pour sa part la corruption, estimant que la solution réside dans la numérisation. Outre les situations qui nécessitent une intervention immédiate. Sahbi Omri a, de son côté, affirmé que son parti a présenté un programme dans ce sens soulignant la nécessité d’une intervention de l’Etat outre l’encouragement de l’investissement et de l’initiative privée. Ali Ben Mime a constaté une mauvaise gestion des ressources. Il a préconisé le lancement de banques mixtes pour soutenir les jeunes ainsi que les PME/ PMI.
Hatem Mliki, du parti Au cœur de la Tunisie a profité de son passage pour dénoncer ce qui s’est passé lors du premier débat présentiel, lorsque la Télévision nationale avait refusé de mettre la photo du candidat de son parti, Nabil Karoui, incarcéré et n’ayant pas pu se présenter au débat. Il a, également, contesté la décision de la justice, prise aujourd’hui même, refusant la libération de Nabil Karoui. « Cela témoigne, non seulement de l’échec des partis au pouvoir, mais aussi de leur injustice et leur nonchalance, puisqu’ils sont inconscients des conséquences que cela pourra engendrer dans l’avenir », a-t-il dit.
Salem Labiadh a considéré que c’est l’Etat qui a produit la pauvreté, estimant qu’il est nécessaire de répartir les richesses d’une manière équitable. Pour Riadh Ben Ahmed, le ciblage de la subvention, l’encouragement de l’investissement et la lutte contre la corruption, sont, entre autres, des solutions pour lutter contre la pauvreté
Pour Moncef Cherigui, la pauvreté est une résultante des politiques adoptées par les gouvernements précédents.
Cependant, le député Salem Labiadh a contesté la forme des questions et du débat, considérant qu’elles étaient trop techniques et proposant, à la place, des questions plus politisées.
Développement, économie et finances publiques
Concernant l’axe du développement, de l’économie et des finances publiques, Moheddine Khemiri, représentant du parti de la Justice et du Développement a répondu à la question concernant les solutions à prévoir pour réaliser l’équilibre entre la situation financière et les revendications sociales. Il a estimé que les problèmes de corruption, notamment l’affaire de la BFT, ont coûté très cher à la Tunisie, considérant que la résolution de ce problème pourrait répondre aux revendications des Tunisiens.
Interrogé sur la situation des établissements économiques publics, Yassine Ayari représentant des listes Amal, a indiqué qu’il faut traiter les situations des établissements au cas par cas selon leurs spécificités.
Hatem Mliki, représentant du parti Au cœur de la Tunisie a choisi de ne pas répondre à la question qui lui a été posée concernant la diplomatie économique. Il a abordé la stratégie de son parti concernant la situation des retraités et les mécanismes pour assurer leurs contributions dans le circuit économique.
Salem Labiadh a estimé qu’il est nécessaire de recouvrir les dettes intérieures de la Tunisie et éviter l’endettement afin de rétablir la situation économique et financière du pays.
Riadh Ben Ahmed, représentant de Beni Watani, a estimé que les mécanismes de contrôle doivent s’effectuer à posteriori afin de faciliter les procédures, ne pas bloquer les intérêts des citoyens et regagner ainsi la confiance des Tunisiens.
Moncef Cherigui a estimé qu’il n’y a plus de revendications sociales aberrantes depuis la mise en place du dialogue social initié par l\’UGTT et l’Utica.
Moncef Cherigui du parti communiste a été en accord avec la question adressée par Salem Labiadh, considérant que le changement des partenaires classiques de la Tunisie, et le ciblage de la subvention peuvent améliorer le pouvoir d’achat des Tunisiens. Une position qui a été partagée par Khaled Omri, représentant du parti Halloumou li Tounes.
Concernant les mécanismes permettant ce ciblage de la subvention, Salem Labiadh, représentant du mouvement Al Chaâb, a assuré qu’il est impossible de changer le système de subvention puisqu’il dépend des hommes d’affaires. Toutefois, il a estimé qu’il faut maintenir la caisse de compensation afin de préserver les intérêts des plus démunis.
Questions régionales
Abordant l’axe régional et pour répondre au rôle du député dans sa région, Moheddine Khemiri, représentant du parti la Justice et le Développement, a indiqué que son rôle est d’améliorer l’infrastructure de la région, réduire le chômage et trouver des solutions économiques et sociales.
Sahbi Mokhtari a indiqué que le député doit faire parvenir la voix des habitants de sa région et faire pression sur les autorités de tutelle afin de répondre aux revendications des citoyens.
Yassine Ayari, représentant des listes Amal a assuré que le député doit être toujours présent dans sa région, outre sa mission de contrôler les actions gouvernementales. Il a, également, souligné qu’un député devient, dès son élection, le représentant de tous les Tunisiens et non uniquement de la circonscription sur laquelle il a été élu.
Khaled Omri a considéré que le député doit être une force de proposition et répondre aux problèmes spécifiques de sa région.
Ali Ben Mime, parti de l’Alliance pour la Tunisie, a fait part de son intention de « se battre » pour sa région – le gouvernorat de Sousse – dont on ne voit que les avantages touristiques d\’après ses dires.
Hatem Mliki représentant du parti Au cœur de la Tunisie, a indiqué que le député peut intervenir dans l’amendement des codes sur les points concernant le développement des régions.
Salem Labiadh, représentant du parti Al Chaâb a affirmé qu’il œuvrera pour la réalisation de grands projets dans le gouvernorat de Médenine et qu’il déploiera tous les efforts nécessaires pour garantir le développement de sa région.
Riadh Ben Ahmed, représentant de Beni Watani a indiqué qu’il veut faire avancer sa région et créer un pôle hospitalier dans la région du Sahel.
Moncef Cherigui dit avoir la personnalité et la force de caractère nécessaires pour pouvoir répondre aux aspirations de sa région.
S.H










