Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, était l’invité ce soir du jeudi 3 octobre 2019, de Myriam Belkadhi, sur Elhiwar Ettounsi pour revenir sur le contexte électoral particulier que vit actuellement la Tunisie.
Sur le sujet le plus épineux de ces échéances, à savoir le maintien en détention du candidat au second tour de la présidentielle, Nabil Karoui, Noureddine Taboubi a tenu à souligner la nécessité de garantir l’égalité des chances entre les candidats pour éviter au pays des scénarios incertains.
« Il faut respecter le fait qu’une assise populaire a voté pour Nabil Karoui, il ne faut pas la sous-estimer, parler de pâtes et de couscous est honteux car ce sont des citoyens comme les autres qui lui ont donné leurs voix. Quelqu’un est candidat au second tour de la présidentielle et il est en prison. Avec tout le respect que l’on doit à la justice, parce que ce cas est exceptionnel et pour ne pas laisser la porte ouverte aux recours, il est logique de garantir l’égalité des chances. On a gelé les avoirs de Nabil Karoui et on lui interdit de voyager, on peut aussi lui imposer une surveillance. Si on a des dossiers contre Nabil Karoui, que la justice suive son cours, il ne va pas s’enfuir. Tout ce qu’il y a à faire c\’est sauver ce processus démocratique et ces élections afin qu’elles ne soient pas souillées par les révolutionnistes… la plus grande crise est celle qui a été passée sous silence par ces mêmes révolutionnistes, le plus grand dossier est celui de la BFT qui traine depuis 1989. Après 2012 Slim Ben Hmidène, salué par les révolutionnistes qui n’ont rien compris aux affaires de l’Etat, a accordé la grâce à Bouden et ainsi endetté le pays pour 2500 millions de dinars… si on parle d’égalité devant la justice, pourquoi ces différences de traitement » a souligné Noureddine Taboubi.
Le secrétaire général de la centrale syndicale a ajouté, concernant l’hostilité exprimée à l’encontre de l’UGTT par le parti Al Karama, que l’organisation nationale rejette ceux qui portent la pensée takfiriste et qui ne font qu’appeler à la violence. « Nous avons une expérience avec ces gens-là, entre nous il y a du sang et jamais nous nous retrouverons. Nous avons pour principe de n’exclure personne, nous sommes contre l’injustice et resterons fidèles à nos valeurs mais le sang est la ligne rouge et jamais nous n’oublierons les évènements de la place Mohamed Ali ! » a-t-il poursuivi.
Noureddine Tabboubi a enfin voulu rassurer les Tunisiens, dans ce contexte « inquiétant ». « Nous ne resterons pas les bras croisés à regarder ce qui se passe sans agir. Le quartet est à la disposition du pays et je réitère mon appel aux politiciens sur la nécessité de réussir à s’accorder pour ne pas entraver la dynamique économique du pays, surtout que la situation sécuritaire du pays est sensible et s’ils ont besoin de nous, nous serons là. L’avenir du pays nous importe, et nous espérons vraiment que tous reviennent à la raison… » a-t-il conclu.
M.B.Z










