« L’annonce d’Ennahdha disant que le chef du gouvernement sera issu du parti est à mon sens une manœuvre politique plus qu’une décision réelle. Avec 52 sièges, on ne peut pas tout décider seul, il faudra l’aval d’autres partis et ce n’est pas évident. Attayar par exemple refuse catégoriquement que le chef du gouvernement soit nahdhaoui mais ils sont obligés de l’annoncer pour apaiser leurs bases » a déclaré, ce lundi 21 octobre 2019, le secrétaire général d’Attayar, Mohamed Abbou, lors de son intervention sur RTCI dans l\’émission « Dans le vif du sujet » présentée par Anis Morai.
« Nous n’avons pas confiance en Ennahdha, c’est de notoriété publique et nous ne sommes pas les seuls. Oui nous avons émis des conditions pour participer au gouvernement, mais la condition sine qua non est l’Etat de droit, or, la question à se poser est celle de savoir si on peut être dans une telle configuration avec Ennahdha au pouvoir… j’émets des doutes, car jusque-là tout a prouvé le contraire, Ennahdha protège des gens, donne des instructions à la justice et n’a clairement pas envie d’un Etat de droit car c’est contre ses intérêts et je ne pense pas que cela va changer » a-t-il ajouté.
Mohamed Abbou a souligné qu’Attayar n’est pas intéressé par le gouvernement, précisant que ce n’est pas pour être un simple spectateur et c’est pour cela qu’il a émis des conditions qui lui donneraient, pour qu’il change d’avis, les ministères concernés par la loi et l’application de la loi. « Nous savions que nous allions être lynchés pour avoir opté pour l’opposition, mais pour rester cohérents avec nous-mêmes nous avons exigé les ministères qui nous permettent d’avoir l’Etat de droit que nous prônons, à savoir la Justice, l’Intérieur et la Fonction publique » a confié le secrétaire général d’Attayar.
Il a, en outre, affirmé que si Attayar accède au pouvoir il ne placerait personne au-dessus de la loi et permettrait à la justice d’être totalement indépendante. « Aujourd’hui il arrive qu’on tienne des magistrats par certains dossiers, pour ensuite leur faire du chantage et les instrumentaliser. Ces pratiques doivent cesser et notre politique repose sur l’éradication des passe-droits, c’est pour cela qu’Ennhahda n’acceptera jamais nos conditions » a confié Mohamed Abbou.
Sur la question du vote du gouvernement Ennahdha, Mohamed Abbou a tenu à expliquer que la dissolution du parlement n’est pas l’objectif d’Attayar, même si elle peut lui servir, précisant que ce serait une option hasardeuse et qui nuirait au pays. « Nous ne voulons pas prendre un risque pareil et ralentir le premier parti au parlement n’est pas notre but. Donc apporter notre aide est une décision légitime et on a vu pareil scénario ailleurs dans le monde, c’est rare mais ça arrive. Le contexte en Tunisie est particulier et nous agirons pour débloquer une situation et aucunement par complaisance » a-t-il conclu.
M.B.Z










