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Inondations : le rôle majeur du réchauffement climatique

  

Comme à l’accoutumée, les fortes précipitations enregistrées au Grand Tunis ont marqué cette journée. Et si l’état délabré de l’infrastructure y a grandement contribué, il serait temps de réfléchir au changement climatique et à la politique adéquate à adopter afin de faire face aux conséquences inévitables de ses effets sur la planéte. Des axes quasi absents des programmes électoraux présentés par la majorité des partis politiques.

 

 

Les habitants du Grand Tunis se sont réveillés aujourd’hui devant une ville bloquée. Des transports en commun suspendus, des embouteillages monstres et des routes coupées. Des fonctionnaires n’ont pas réussi à rejoindre leurs postes de travail, et les plus chanceux ont regagné leurs bureaux avec une heure ou deux de retard. L’impact a été amoindri par les vacances scolaires. Et pour cause, des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la capitale durant la nuit.

Cela dit, ce n’est plus une première, loin de là. Les Tunisiens sont désormais habitués à cette situation. Les moindres pluies enregistrées engendrent une situation épouvantable pour les citoyens et c’est l’état de l’infrastructure qu’on pointe en premier ainsi que le degré de préparation du ministère de l’équipement, de l’Onas et toutes parties publiques concernées.

 

Toujours est-il, le problème demeure bien plus profond que cela. Les quantités de pluies deviennent de plus en plus importantes chaque année à cause du changement climatique. Le réchauffement planétaire est la principale cause de l’augmentation des pluies et de l’accroissement du nombre d’inondations, notamment, dans les régions côtières. Les effets du réchauffement climatique vont s’intensifier durant les prochaines décennies.

L’accroissement des émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrées par les activités humaines (+ 70% entre 1970 et 2004) est en grande partie responsable de la rapidité de ce changement. D’ailleurs, les impacts à l’échelle globale s’observent déjà : accroissement des températures mondiales de l’atmosphère et de l’océan, fonte généralisée de la glace, élévation du niveau moyen de la mer etc.

 

La conjugaison de tous ces facteurs implique la nécessité de la mise en place d’une stratégie et d’un plan d’action national et global pour y faire face. L’Etat Tunisien entreprend depuis plusieurs années différentes activités couvant divers aspects de l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et de l’adaptation au changement climatique. Toutefois, les démarches élaborées jusqu’à aujourd’hui, aussi multiples et variées soient elles, nécessitent une mise en cohérence afin d’asseoir une complémentarité entre les différentes actions sectorielles et par voie de conséquence l’élaboration et la mise en place d’une vision nationale commune sur le changement climatique.

Dans ce contexte, le ministère de l’Environnement, avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), a réalisé une stratégie nationale sur le changement climatique en 2012. Cette mission a été confié à un groupement de consultants nationaux et internationaux (Bureaux ALCOR-TEC). Une feuille de route a été établie afin de permettre la mise en place effective de cette stratégie, qui repose sur trois phases principales, en l’occurrence, la phase d’appropriation politique, la phase d’institutionnalisation et la phase de mise en œuvre effective.

 

Toutefois, il est à noter que rares sont les partis politiques ayant présenté un programme mettant en avant une politique pour répondre à cette question et placer la question écologique parmi ses priorités, tout en sachant que les enjeux sont de taille et que les répercussions du réchauffement climatiques jettent leur voile sur tout le processus de développement, la santé, la société et l’économie.

Cela dit, la lutte contre le réchauffement climatique peut passer par des actions simples qu’il est possible d’ancrer dans les habitudes quotidiennes, puisque la mise en place d’un cadre institutionnel tarde à venir. En effet, le changement des habitudes alimentaires, peut avoir un impact positif. C’est dire que la consommation de fruits et de légumes de saison génère 7 fois mois de GES que les produits cultivés sous des serres chauffées. Outre la lutte contre la déforestation, la préservation des océans. Il est, également, bon de se pencher sur le recyclage, sans parler de l’énergie propre, la réduction de la consommation énergétique et l’adoption des énergies renouvelables.

 

En tout état de cause, les intempéries ne risquent pas de finir d’aussitôt, encore moins les inondations qui s’en suivent. En attendant, que nos politiques, préoccupés par le partage des portefeuilles ministériels, s’attardent sur la question d’une stratégie nationale pour le changement climatique, les citoyens peuvent toujours penser à changer leurs habitudes, et repenser leurs pratiques au quotidien afin de contribuer à la préservation de l’écosystème

 

Sarra Hlaoui

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