Des membres du collectif Ena Zeda, dénonçant le harcèlement et les violences sexuelles, ont manifesté aujourd’hui devant le Parlement. Alors que les nouveaux élus sont présents ce matin, mercredi 13 novembre 2019, à la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée des représentants du peuple (ARP), des manifestants ont scandé des slogans appelant notamment au retrait de l’immunité parlementaire et à l’application de la loi.
« La loi existe mais où est son application ? », ont scandé les manifestants – des femmes en majorité – parmi d’autres slogans.
Cette manifestation a été annoncée depuis le 8 novembre par l’association Aswat Nissa dans le cadre de la campagne « un harceleur ne légifère pas ! ».
Les manifestants protestent notamment contre la prestation de serment du nouveau député Qalb Tounes Zouhair Makhlouf, accusé dans une affaire de harcèlement sexuel.
Le nouveau député a réagi à cette campagne, dans une vidéo publiée par Tuniscope dans laquelle il dit « soutenir les associations et même les médias dénonçant le harcèlement mais regrette que certains se substituent à la justice pour prononcer des jugements ». Il ajoute, dans une première réaction médiatique après l’ouverture d’une enquête sur cette affaire : « Je suis certain de mon innocence. Je n’ai pas pu m’exprimer dans les médias ni influencer la justice car la justice est indépendante. L’affaire est entre les mains de la justice, il s’agit d’un délit car le harcèlement n’est pas avéré et je souhaite que la justice agisse en toute indépendance sans se laisser influencer par les associations ou les médias ».
Zouhair Makhlouf a été accusé de harcèlement sexuel et d’atteinte aux bonnes mœurs, selon les articles 226 et 226bis du code pénal. Des photos compromettantes avaient circulé sur les réseaux sociaux, début octobre, le mettant en scène dans une position obscène assis dans sa voiture en partie dénudé, près d’un lycée selon la personne qui a posté les photos.
Il avait comparu le 14 octobre devant le procureur de la République près du Tribunal de première instance de Nabeul. Le procureur de la République avait décidé de le laisser en liberté.
Le député, fraîchement élu, n’a cessé de clamer son innocence expliquant que son diabète l’oblige à faire ses besoins dans l’urgence et que les photos ont été prises alors qu’il urinait dans une bouteille et se mettait une crème antifongique.
S.T










