Le dernier communiqué publié par la présidence de la République, ce jeudi 26 décembre 2019, a suscité une vive polémique et donné suite à une déferlante de commentaires dépassant les 2000, à peine deux heures après sa publication.
Le communiqué qui se voulait une réponse aux critiques contre la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan a fait lui-même l’objet d’une grande vague de railleries, tant sur le fond que sur la forme.
Les commentaires ont soulevé les erreurs de communication de la présidence de la République considérant que le communiqué a été rédigé avec beaucoup d’amateurisme et n\’est pas digne d’une haute institution de l’Etat. Ils ont même considéré que le texte pourrait faire office d’un statut rédigé par un simple administrateur de page Facebook.

C’est dire que le communiqué n’apporte aucune précision sur la réelle position de la présidence et ne fait que répondre d’une manière primaire aux critiques et « autres interprétations » de la visite du président turc. Le texte va même jusqu’à traiter les critiques d’allégations. Il plaide également pour la théorie du complot, en accusant « ceux qui dénigrent et diffament » de vouloir faire diversion quant aux véritables préoccupations des Tunisiens.
Et bien que la présidence de la République ait démenti tout alignement derrière des parties libyennes, le président turc a tenu d’autres propos totalement contradictoires.
Selon l’agence de presse Reuters, Recep Tayyip Erdogan a assuré que « la Turquie et la Tunisie se sont accordées à soutenir le gouvernement Sarraj en Libye ». Une déclaration qui remet en cause toute la version de la présidence autour de la position officielle de la Tunisie.
Il est clair que les circonstances de la visite du président turc en Tunisie ont prouvé, une fois encore, les faiblesses du cabinet Saïed au niveau diplomatique, mais aussi sur le plan de la communication. Une visite couverte et annoncée par des médias étrangers, alors que la presse tunisienne a été interdite d’accès. La présence de journalistes aurait certainement pu éviter plusieurs interprétations et plusieurs zones d’ombre quoi que les failles sur le plan de la communication sont bien plus profondes que cela et méritent une bonne remise en question pour les responsables à Carthage.
Un président élu à plus de 72% des voix des Tunisiens a le devoir d’être à la hauteur de la confiance qui lui a été accordée et ses électeurs ont droit à une explication en bonne et due forme lors d’un point de presse dédié et non à un communiqué rébarbatif indigne d’un blog amateur.
S.H













