Le gouvernement devait être annoncé hier après midi ou aujourd’hui au plus tard pour un passage devant l’assemblée demain samedi 28 décembre 2019. C’est ce qu’a annoncé le président du Parlement, Rached Ghannouchi, c’est ce que nous ont dit plusieurs sources proches du futur chef du gouvernement Habib Jamli et la composition était presque prête, comme l’a dévoilé, presque avec précision, hier Business News.
Que s’est-il alors passé pour qu’il y ait un report ce vendredi 27 en fin de matinée ?
D’après différentes sources politiques proches des partis concernés et du chef du gouvernement, c’est l’audience accordée ce matin par le président Kaïs Saïed à Habib Jamli qui a tout fait chambouler. Il y avait déjà un flottement au niveau de certains noms comme Jawhar Ben Mbarek ou Mohamed Nouri Jouini qui figuraient bien sur la liste du gouvernement alors qu’ils ont déjà décliné le poste. Pourquoi ont ils été maintenus en dépit de leur refus ? Mystère et boule de gomme.
D’après nos sources, le président de la République ne serait pas d’accord sur certains noms notamment ceux désignés pour les portefeuilles de l’Interieur (Lotfi Ben Jeddou) et la Coopération internationale. A-t-il le droit de s’immiscer dans ces nominations ?
Si l’article 89 de la Constitution mentionne clairement que le président de la République doit être consulté pour les portefeuilles de la Défense et des Affaires étrangères, l’article 77 est assez ambigu. Ce dernier mentionne qu’il appartient au chef de l’Etat de déterminer les politiques générales dans les domaines de la Défense, des relations étrangère et de la Sécurité nationale.
Autrement dit, et même si l’article 89 ne le mentionne pas, le président de la République doit être consulté pour le ministère de l’Intérieur, mais aussi celui de la Coopération internationale, celle-ci faisant partie des relations étrangères.
En l’absence de cour constitutionnelle, chacun y va de son interprétation de la Constitution, d’autant plus que celle-ci est remplie de contradictions et d’ambiguïtés. Le président de la République étant juriste, il sera difficile de le considérer comme tout un chacun et de contester ses interprétations ou même de les critiquer.
N.B










