La présidente de l’Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, Raoudha Laâbidi, a affirmé, dans une déclaration accordée ce jeudi 23 janvier 2020 à Shems FM, que 33 élèves de l’école coranique de Regueb ont repris leur scolarité dans les écoles publiques.
Raoudha Laâbidi a précisé que l’affaire du « camp » de Regueb figure toujours parmi les priorités de l’Instance qui suit de près l’état des enfants et de leurs familles.
« Je suis plus ou moins rassurée car quand on voit que 33 d’entre les enfants ont repris l’école on ne peut que l’être. Les frais de scolarisation de ces enfants ont été pris en charge par le ministère de l’Education, le ministère des Affaires sociales et de la Santé suivent aussi avec nous ce dossier » a-t-elle souligné
Rappelons que l’affaire de l’école coranique Regueb a été déclenchée en février dernier suite de la diffusion de l’émission « les 4 vérités » de Hamza Balloumi. Un reportage réalisé par l’équipe de l’émission avait montré une école construite au milieu de nulle part, à 6 km du centre-ville de Regueb dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Cette école coranique « mystérieuse et énigmatique », comme la qualifient les habitants de la région, accueille enfants et jeunes adultes et leur offre même un internat. Personne ne peut s’y introduire pour savoir ce qui s\’y déroule, ni les conditions dans lesquelles vivent les enfants qui y résident, encore moins les matières et le contenu qu’on leur enseigne.
A la suite de la diffusion de l’émission, les investigations à propos d’une association suspecte ont été confiées à la direction sectorielle pour la prévention sociale et à la direction de la police judiciaire, en collaboration avec l’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le délégué de la protection de l’enfance à Sidi Bouzid.
Le ministère de l’Intérieur a découvert que cette association abrite un groupe de jeunes et d’enfants dans des conditions inappropriées, soulignant qu’ils sont maltraités et victimes d’exploitation économique et ce n’était que la partie émergée de l’iceberg….
Le tribunal de première instance de Sidi Bouzid a déjà prononcé en juillet 2019, une peine de 20 ans de prison à l’encontre de l’un des «enseignants » de l’école coranique de Regueb, reconnu coupable de viol. L’affaire est toujours en cours et d’autres jugements sont attendus.
M.B.Z










