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Elyes Fakhfakh laisse entendre qu’il envisage de jeter l’éponge

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    La formation du gouvernement ressemble étrangement à une partie de poker entre, d’un côté Elyes Fakhfakh, désigné pour être chef du gouvernement, et de l’autre les partis représentés au parlement.

    L’enjeu officiel tourne autour de Qalb Tounes. M. Fakhfakh ne veut pas du parti de Nabil Karoui (38 députés) au parlement, alors qu’Ennahdha insiste pour qu’il y soit. Le parti islamiste a été rejoint depuis quelques jours par plusieurs autres dont Machrouû et Tahya Tounes. L’enjeu officieux est un bras de fer entre Rached Ghannouchi (président du parlement et président d’Ennahdha) et Kais Saïed, président de la République. C’est ce dernier qui aurait intimé l’ordre à Elyes Fakhfakh d’écarter Qalb Tounes. C’est aussi ce dernier qui a choisi Elyes Fakhfakh alors qu’il n’a pas été choisi par les partis les plus représentés au parlement et ce n’est pas celui qui a la garantie d’avoir la plus large ceinture politique au moment du vote de confiance ou encore lors des votes des lois à venir.

     

    Le souci dans tout cela est que personne ne connait le degré de sincérité d’Ennahdha et des autres partis. Exigent-ils la présence de Qalb Tounes dans le gouvernement par chantage afin de mieux peser dans les discussions et obtenir ainsi davantage de portefeuilles ministériels ou sont-ils sincères et veulent réellement un gouvernement d’union, sans exclusion, afin de garantir sa bonne marche ?

    Sachant qu’en cas de rejet du gouvernement d’Elyes Fakhfakh, les partis offrent la possibilité au président de la République d’aller vers des élections anticipées, ce qui n’arrange pas forcément tout le monde, notamment Tahya Tounes.

    D’un côté comme de l’autre, il y a entêtement. Ennahdha ne cède rien et exige la présence de Qalb Tounes, les partis sont d’accord sur le programme du gouvernement, mais refusent de le signer tant que le point de l’exclusion n’a pas été résolu et Elyes Fakhfakh refuse tout rétropédalage, signe de faiblesse politique.

     

    Après « l’échec » des discussions tenues la veille, plusieurs proches d’Elyes Fakhfakh ont commencé par ébruiter l’information que celui-ci envisage de jeter l’éponge et de ne pas céder au chantage. Ces proches soufflent ainsi aux médias, aux politiques et sur les réseaux sociaux, que la possibilité d’aller aux élections anticipées est d’actualité et qu’il est hors de question pour Elyes Fakhfakh d’aller vers un vote de confiance avec un risque d’une motion de censure dans quelques mois.

    Ce qui laisse entendre que si les partis ne soutiennent pas tout de suite et sincèrement Elyes Fakhfakh et n’oublient pas l’histoire de Qalb Tounes, il va les mettre devant le fait accompli et laisser leur sort entre les mains de Kaïs Saïed.

    Elyes Fakhfakh, et ses proches qui diffusent ces informations, sont-ils sincères et prêts à jeter l’éponge ou jouent-ils, eux aussi, au poker ? Pas de réponse pour le moment, la partie n’est pas encore finie, les priorités nationales attendront…

     

    R.B.H.

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