#Coronavirus
Aucun pays n’est à l’abri. La question n’est pas de savoir si le virus affectera un pays, mais de savoir si le pays est prêt à gérer la situation.
Gérer quoi ?
1. Désigner un groupe de personnes compétentes, réactives, informées, habilitées à prendre les bonnes décisions au bon moment, sans délai, sans mille-feuille administratif ou hiérarchique inutile.
2. Détecter les personnes à risque, identifier les poches de contamination, tester les cas suspects, isoler et soigner les malades.
3. Prévoir la logistique nécessaire, le personnel qualifié, le matériel, les traitements.
4. Établir une équipe de coordination nationale, un centre de gestion et de coordination (différent d\’un centre de soin) central avec des points régionaux, des centres de tri et de soin régionaux, des lieux de stockage stratégique des produits et matériels médicaux et de première nécessité, des voies d’évacuation éventuelles. Isoler d’avance les personnes clés pour éviter toute contamination éventuelle.
5. Désigner des voies de communication et de coopération entre la santé publique et les praticiens privés.
6. Communiquer. Les équipes nationales et locales doivent avoir des visages, pas un visage, et cela ne peut pas être un responsable politique. Le soutien et l’engagement visible des responsables politiques sont essentiels. Mais le public a besoin de voir des professionnels, neutres, objectifs, crédibles, et de se familiariser avec eux, d\’apprendre à leur faire confiance avant la crise. Expliquer et montrer aux gens les préparatifs entrepris par les autorités. Le ministère aurait fait des spots de sensibilisation. Je n\’en ai vu aucun. Et pourtant je regarde deux chaînes de télé en prime time et j\’écoute la radio pendant au moins 4 heures par jour sur plusieurs stations. Il est clair que cela ne fonctionne pas. Il faut ume campagne d\’information et de sensibilisation visible et virale, dans les médias et sur les réseaux sociaux.
7. Intégrer le facteur humain dans la gestion. Le Coronavirus est l\’affaire des citoyens, pas de l\’administration. Les gens veulent et doivent se préparer à l\’éventualité, non pas juste de leur contamination personnelle qui est statistiquement une éventualité faible, mais à la propagation du virus dans leur entourage, leur lieu de travail, leur ville, leur région. Si on ne leur dit pas ce qu\’il faut faire, ils feront ce qu\’ils imaginent être utile, ce qui n\’est pas forcément le cas. D\’où par exemple la pénurie des masques (bavettes) qui, soit dit en passant, ne servent à rien.
Si vous ne vous adressez pas aux citoyens aujourd\’hui dans le calme de manière responsable et ouverte, ils ne vous écouteront pas demain dans l\’urgence.
Alors, on parle aux gens. Les autorités doivent avoir une communication ouverte et directe. Le public est le « client final », il peut être le principal facteur de succès ou devenir le facteur d\’échec. Quel est son rôle ?
Au-delà de la prévention et de la lutte contre les comportements à risque, les citoyens doivent savoir d\’avance quels sont les scénarios probables, et comment ils doivent agir pour chacun de ces scénarios. Ils doivent savoir quelles sont les sources d\’information officielles et fiables. Ils doivent comprendre que l\’organisation et la discipline seront nécessaires et obligatoires.
Le scénario le plus difficile à envisager est la quarantaine. Compliquée à gérer certes, mais c\’est bien ce choix qui est fait dans les foyers de contamination. Alors comment on fait ? Comment y prépare-t-on les autorités, les entreprises, les transports, les chaînes d\’approvisionnement, les collectivités, les familles ? Faut-il éviter d\’en parler pour éviter l\’effet de panique ? Faut-il au contraire donner aux gens l\’opportunité de prendre des dispositions dans le calme et avoir justement le sentiment de se préparer de manière utile ?
Bref, lavez-vous les mains. Désinfectez les objets et surfaces d\’usage courant. Utilisez du gel et des lingettes anti-bactériennes et des mouchoirs jetables.










