Dans son discours prononcé aujourd’hui, vendredi 28 février 2020, lors de la cérémonie de passation avec Youssef Chahed, le nouveau chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a salué l’équipe sortante, la remerciant pour son travail.
« C’est devenu une habitude aujourd’hui, mais ce qui se passe est une exception dans la région. Ceci peut nous sembler normal, mais je peux vous dire que dans le monde entier, ceci est observé comme étant une grande réalisation », a-t-il dit à l’occasion.
A la fin de son discours, Elyes Fakhfakh a laissé échapper quelques larmes au moment de rendre hommage aux martyrs de la nation. « Nous resterons fidèles à leur sang pur », a-t-il conclu visiblement très affecté.
S’adressant à Youssef Chahed, il a déclaré : « je ne suis pas venu aujourd’hui pour partir mais pour rester. Non par avidité de pouvoir, mais parce que le pays ne peut plus supporter autant de gouvernements qui se succèdent. Vous n’avez épargné aucun effort pour améliorer la situation dans le pays, au niveau macro et sécuritaire. Il y a des choses qui n’ont pas avancé, ceci est normal et il existe toujours des failles dans chaque action humaine pour des raisons évidentes pour tous. Nous demandons la stabilité et j’espère que nous n’aurons ni Carthage 1, ni Bardo 1 ni Kasbah 1 », évoquant des soulèvements populaires qui ont demandé la chute de gouvernements qui ont précédé.
« Nous sommes conscients des défis qui se posent à nous. J’espère que nous améliorerons le rendement. J’espère que nous arriverons à décoller, mais même si nous n’y arriverons pas, nous aurons mis le pays sur la piste. Nous ne devons pas être modestes, nous devons être fiers de ce que nous avons accompli ».
Elyes Fakhfakh continue, toujours en s’adressant à Youssef Chahed : « M. Youssef, nous faisons partie des gens qui ont eu des ruptures, lorsque nous étions en France, à une ou deux reprises, nous n’étions pas amis mais nous échangions sur la politique. Nous n’avions pas le courage de faire partie des militants de premier ordre mais nous rêvions de l’instant que nous sommes en train de vivre ». Fakhfakh raconte, qu’en 15 janvier 2011, le nom de Youssef Chahed faisait partie d’une liste qu’il avait proposée à Mustapha Ben Jaâfar [secrétaire général d’Attakatol à l’époque] pour leur demander de se joindre au parti et militer dans ses rangs.
Il ajoute dans ce sens : « Ce que nous avons vécu ces 9 dernières années, c’est une nouvelle génération qui a travaillé auprès d’anciens militants et qui a apporté un changement et c’est cette génération politique qui fera partie du changement et qui participera à construire la Tunisie dont nous rêvons. Il y a une réconciliation qui s’opère entre les différentes sensibilités politiques.
Nous partageons un rêve, un programme et une vision pour le pays. Merci pour ce livre que vous m’avez adressé aujourd’hui et dont nous nous baserons pour gagner du temps et pour ne pas recommencer à zéro les choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord ».
A la suite de ce discours, qui a fait suite à celui de Youssef Chahed, les ministres ont effectué leur passation de pouvoirs avec les membres du gouvernement sortant.
S.T











