Le président de Qalb Tounes Nabil Karoui est revenu, ce jeudi 5 mars 2020, sur la position de son parti, ses déboires et ce qu’il aurait fait s’il a été élu président de la République.
Invité d\’Elyes Gharbi dans l\’émission Midi Show sur Mosaïque Fm, Nabil Karoui a souligné qu’il n’a pas été réellement l’adversaire de Kaïs Saïed pendant l’élection présidentielle. L\’ancien candidat dans la course à Carthage a en effet été empêché de mener sa campagne électorale, étant donné qu\’il était enfermé en prison et relâché 48h avant les élections.
«J’étais un adversaire sur le papier et lorsque je suis entré en prison, j’avais déjà 20 points d’avance sur Kaïs Saïed dans les sondages», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «J’ai accepté les résultats pour l’intérêt suprême de l’Etat».
Nabil Karoui a rappelé qu’il a subi un déni de justice reconnu par la Cour de la cassation. Son arrestation était, à son sens, un stratagème pour l’écarter des élections, orchestré par l’ancien gouvernement et à sa tête son chef Youssef Chahed.
«C’est moi qui a payé la facture la plus salée. J’ai dépassé cela et je me suis montré raisonnable pour l’intérêt suprême du pays. J’ai tendu la main à Ennahdha et à Tahya Tounes aussi quand-t-il le fallait, pour que le pays avance. (…) Nous sommes pour une réconciliation globale, mais il faut dire la vérité », a-t-il expliqué.
S’agissant de l’affaire du lobbying le visant, Nabil Karoui a précisé qu’il y a une enquête judiciaire en cours. «Il s\’agit d\’une affaire montée de toute pièce pour les élections et beaucoup de vérités seront révélées bientôt», a-t-il noté.
Par ailleurs, le président de Qalb Tounes a vivement critiqué la démarche entreprise par Kaïs Saïed dans la sélection du candidat à la Primature. Il explique qu’après avoir demandé l’avis des partis politiques par écrit, le chef de l\’Etat a préféré délaisser les candidats qui avaient déjà le soutien de 107 élus, au détriment d’une personne soutenue par un seul parti et réunissant seulement 14 voix. « Le choix et le processus n’était pas clairs dès le départ. En plus, il n’a pas choisi un technicien mais un politicien qui s’est présenté à l’élection présidentielle et n’a obtenu que 0,34% des suffrages, même si je n’ai rien contre lui. En plus, Elyes Fakhfakh a, dès le départ, choisi l’exclusion. Il a expliqué dans sa conférence de presse qu’il ne reconnait pas la légitimité du Parlement mais celle du 2ème tour de la présidentielle. Pour lui, ce gouvernement est un holdup contre la volonté du peuple».
Il a affirmé que contrairement à d’autres, son parti était prêt et disposait d’une vision et un plan ainsi que d\’un programme efficace, notamment économique, prêt à être mis en place immédiatement.
Au sujet des entreprises publiques, Nabil Karoui a déclaré que chaque entreprise est un cas particulier. En outre, il a martelé que s’il était président, il serait allé à Gafsa avec l’ensemble du gouvernement et n’en sortirait qu’après avoir solutionné la crise du bassin minier et la production de phosphate repris.
I.N










