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#Coronavirus, une guerre que nous ne pouvons éviter

 

Nous sommes au stade 2, au début du stade 2. Et nous nous dirigeons vers le stade 3. Inévitablement.

 

Vous savez quand vous allez dans un restaurant, qu\’on vous installe dans le coin non-fumeurs avec 4 tables de fumeurs en plein milieu de la salle ? C\’est exactement l\’attitude actuelle.

 

On croit que l\’épidémie s\’arrête là où on lui dit de le faire. Ben non.

 

Ce n\’est pas juste un virus, c\’est une épidémie. Oui même avec 7 cas déclarés uniquement. En fait c\’est une pandémie.

 

Vous vous rappelez des souvenirs de vos arrières grands-parents sur la grippe espagnole ? Le Coronavirus va avoir le même impact sur le monde, avec des variations. Il y aura un monde avant le Coronavirus, et un monde après le Coronavirus.

 

Donc nous nous dirigeons vers le stade 3. Que faut-il faire ? Il faut mettre en place aujourd\’hui les mesures prévues pour le stade 3. Nous sommes en guerre. La guerre ne se gagne pas avec des demi-mesures, avec de fausses promesses, avec de la négligence, avec du laisser-aller.

 

Le premier vecteur de cette pandémie est notre mode de vie, la mobilité extrême, intérieure et extérieure, la vie sociale chargée en milieu urbain, les lieux de travail à forte densité humaine, le gigantisme du commerce.

 

Il n\’y a pas de solution magique. Tous les pays finissent par arriver aux mêmes conclusions, à la même décision : le lockdown. L\’isolement social, l\’arrêt total des activités humaines ordinaires, les transports publics, les lieux de travail, les commerces, les écoles, les stades, les mosquées, tous les lieux et toutes les activités qui favorisent le contact physique et multiplient donc la transmission.

 

S\’imaginer qu\’il y a une autre façon de gérer une pandémie de cette envergure, c\’est non seulement illusoire mais même débile.

 

C\’est difficile? Non, pas tant que ça. Nous l\’avons déjà fait. Nous savons le faire. Nos institutions savent le gérer. Les Tunisiens, contrairement à la majorité des pays, ont encore le réflexe de l\’isolement grâce au couvre-feu imposé au moment de la révolution. D\’ailleurs, ils ont déjà commencé à s\’y préparer.

 

Mais nous n\’avons pas tous les moyens de nous préparer, c\’est-à-dire de prévoir des stocks d\’approvisionnement en produits de base. Il faut dès à présent prévoir des circuits d\’approvisionnement solidaires pour les populations les plus vulnérables.

 

L\’impact économique? Nous sommes au-delà de cela. Nous évoluons dans un cadre de mondialisation. Et le principal acteur de cette mondialisation, la Chine, est déjà à l\’arrêt. Les circuits d\’approvisionnement et de production sont déjà affectés. Avec le lockdown qui se met progressivement en place sur les principaux marchés de consommation, Europe et Amérique du Nord, le cycle économique est de toutes les manières définitivement affecté. Il n\’y aura bientôt plus ni les matières premières pour les industries manufacturières ni de marchés pour les donneurs d\’ordre.

 

On parle depuis des années de la nécessité d\’un nouveau modèle économique. La vie a décidé pour nous de la fin du modèle actuel. Il est impossible et inutile de chercher à résister et à maintenir ce modèle et ses cycles. Ça s\’arrête, point à la ligne. Anticiper, oui. Comment? Prévoir dès maintenant l\’amnistie fiscale, l\’allègement des charges sociales, la réduction des taux d\’intérêt, des lignes de crédit pour les PME, les indemnisations pour chômage technique… Comment financer tout cela? Difficilement, mais il va falloir changer complètement de paradigme. Distinguer l\’utile de l\’indispensable.

 

Un leadership clair, assuré, ouvert, est une condition incontournable pour s\’en sortir. La cacophonie des discours contradictoires, des approches individualistes et personnalisées, des déclarations qui se contredisent, le corporatisme, tout ça doit s\’arrêter. Il y a un seul discours, une seule approche, un seul slogan. Se protéger et protéger ses proches. Une seule communication, écrite, officielle. Les conférences de presse où 4 personnes disent des choses complètement différentes, c\’est inacceptable. D\’ailleurs, les conférences de presse en temps de pandémie, ça va la tête?

 

Enfin, à ce stade, la dispersion de l\’autorité de décision est un choix dangereux. Nous avons besoin d\’avoir une autorité identifiée, responsable et apte à prendre les bonnes décisions au bon moment. Et ces décisions passeront aussi par des adaptations législatives. Vous imaginez qu\’on puisse se permettre de passer par le processus législatif inefficient actuel? Que faire alors? Mettre en place le gouvernement par ordonnance. Oui, c\’est énorme, mais nous sommes face à une crise énorme.

 

Un conseil: recruter des stratégistes, des historiens, des conseillers militaires, des philosophes autour de vous. C\’est un autre monde qui verra le jour, tout est à réinventer. C\’est une autre société qui naitra.

 

It\’s the end of the world as we know it.

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