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La responsabilité sociétale des organisations (RSO) à l’ère du Coronavirus

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La responsabilité sociétale des organisations prend tout son sens avec l’apparition de phénomènes tels que la pandémie du virus Corona (Covid-19) qui a touché depuis la fin de 2019, plus de 135.000 personnes dans plus de 110 pays dans les 5 continents et a causé plus de 5.000 décès à la date de publication de cet article.

Qu’est-ce que la responsabilité sociétale des organisations (RSO) ?

La norme ISO 26000 traduit la responsabilité sociétale des organisations (RSO) comme la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui :

– Contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société :

– Prend en compte les attentes des parties prenantes :

– Respecte les lois en vigueur tout en étant en cohérence avec les normes internationales de comportement :

– Est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations.

Ce qui différencie la RSO du terme communément utilisé RSE, c’est que la responsabilité ne doit pas se limiter aux entreprises, la responsabilité est l’affaire de tout le monde, toutes les organisations doivent s’y impliquer surtout quand il s’agit d’une situation qui nécessite la solidarité de tous les intervenants, dont principalement :

– Le gouvernement et les institutions de l’Etat

– Les entreprises publiques et privées

– Les médias

– Le ministère de la Santé et l’ensemble des organismes y afférents

– Les établissements de l’enseignement

– Le citoyen

La RSO est applicable à l’ensemble de ces intervenants, la responsabilité de tout le monde allant de la prise de conscience et du changement radical du comportement de l’individu (acteur clé de la réussite de cette étape de lutte cruciale) aux décisions stratégiques de l’Etat pour la prévention des citoyens à l’instar du discours du chef de gouvernement du vendredi 13 mars 2020.

Voyons comment chacun de ces acteurs peut appliquer les principes de la responsabilité sociétale dans ses pratiques quotidiennes et dans son interaction avec ses parties prenantes en lien avec les évènements du Coronavirus :

 

Le gouvernement et les institutions de l’Etat :

L’Etat doit prendre ses responsabilités pour protéger la population, il doit prendre des décisions claires, précises et surtout courageuses en tenant en compte du seul objectif de la protection des citoyens, abstraction faite des autres considérations secondaires. Il doit aussi veiller à la bonne application des décisions prises en amont.

Le chef du gouvernement a à cet effet, dans son discours du 13 mars présenté une série de mesures ayant pour but de freiner la progression du virus étant donné que les modestes moyens de l’Etat tunisien, quant à l’infrastructure sanitaire, ne permettent pas de faire face à un nombre important de personnes contaminées en même temps à l’instar de ce qui se passe en Italie par exemple, les mesures annoncées sont les suivantes :

– La fermeture de toutes les frontières maritimes

– La suspension des liaisons aériennes avec l’Italie et la diminution de la régularité des vols pour certaines destinations telles que l’Egypte, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

– L’auto isolement automatique de 14 jours pour chaque personne venant de l’étranger

– L’annulation de toutes les manifestations culturelles ainsi que les rencontres scientifiques, les foires et les salons.

– La fermeture des cafés, des restaurants et des clubs de nuit à partir de 16h.

– La suspension des prières collectives dont celle du vendredi.

– Tous les championnats nationaux et événements sportifs seront à huis clos sans public.

– La suspension des cours publics et privés, locaux et étrangers d’enseignement scolaire et universitaire, y compris les jardins d’enfants, jusqu’au 28 mars 2020, avec la possibilité de renouvellement après les vacances.

 

L’Etat doit penser aux personnes pouvant être lésées par ces décisions tels que les commerçants, les entrepreneurs, les chefs d’entreprises, les professionnels du tourisme, etc. afin de ne pas créer de tensions économiques et sociales importantes.

L’Etat doit aussi soutenir les catégories de personnes socialement vulnérables et financièrement instables qui risquent d’être touchées très négativement par ces mesures y compris le confinement, nous citons notamment les femmes de ménage, les maçons, les chauffeurs de taxis, les Freelancer payés à la journée, à la mission, etc. et ce à travers l’organisation de ces métiers, l’amélioration de leurs statuts, l’intégration des personnes dans le système fiscal et social afin de garantir un minimum de droits et de compensations dans des moments pareils.

La responsabilité du gouvernement consiste aussi à se faire entourer des personnes ayant la confiance du public qui peuvent aider à véhiculer des messages très importants qui ne peuvent être véhiculés efficacement à travers les canaux publics, il s’agit des artistes, sportifs, musiciens, universitaires, influenceurs, etc.

Pour finir, le gouvernement doit aussi être ouvert aux compétences tunisiennes qui peuvent apporter des solutions data ou de communication par exemple, qui peuvent apporter une aide considérable dans la gestion des situations de crise.

L’application de la RSO consiste donc à dépasser le simple fait de faire « son devoir » ou « sa mission » et aller au-delà.

 

Les entreprises publiques et privées :

Les entreprises sont en permanence sollicitées à cause du manque de moyens de l’Etat pour faire face aux enjeux sociaux et environnementaux, elles ont un rôle très important surtout sur le plan social ; leur rôle est aujourd’hui encore plus important pour aider l’Etat et les citoyens à faire face à la pandémie du Coronavirus.

Des actions simples et efficaces peuvent être déployées :

– La sensibilisation des employés à la prévention. Une PME qui emploie 300 personnes et qui les sensibilise correctement aura un impact sur ses employés mais aussi leurs familles soient environ 1000 personnes qui se comporteront correctement pour la prévention. Une entreprise de 3.000 employés aura un impact sur 10.000 personnes au minimum.

– La vérification de l’état de santé de ses employés à travers les appareils de mesure de la température à distance par exemple afin de détecter les cas potentiels de contamination et les empêcher de travailler pour ne pas contaminer leurs collègues

– Partager leurs règles de prévention avec leurs parties prenantes.

– Les entreprises qui fabriquent des produits de première nécessité et des produits nécessaires à la prévention tels que les masques et les gels hydro alcooliques doivent favoriser le marché local et éviter la spéculation sur les prix

– Afin de limiter les déplacements, le télétravail peut être encouragé pour tous les postes de travail ne nécessitant pas une présence physique

– Favoriser le contact entre les employés à travers les outils de communication en interne pour trouver des solutions de déplacement, de remplacement, de garde partagée des enfants, etc.

– Donner des avances exceptionnelles aux employés pour faire face aux dépenses pouvant être engendrées par cette situation exceptionnelle.

– Les entreprises qui ont les moyens peuvent soutenir les efforts de l’Etat à faire face au Virus.

Plusieurs autres actions peuvent aussi être adoptées au cas par cas afin d’instaurer un climat de solidarité et de confiance entre les entreprises et l’ensemble des parties prenantes.

 

Les médias :

Les médias ont un rôle très important surtout avec les « fake news » et les rumeurs qui ne cessent de sévir sur les réseaux sociaux. La priorité étant de rassurer les gens.

Dans les situations d’urgence et de crise, le plus important c’est l’information et sa diffusion. Le gouvernement a choisi la voie de la responsabilité et de la transparence avec des points de presse réguliers et une communication simple et précise.

La responsabilité sociétale des autres médias (télés, radios, journaux électroniques, etc.) envers les auditeurs consiste à trouver le juste équilibre entre d’un côté informer les personnes objectivement et efficacement et de l’autre côté éviter que ces informations ne mènent à des états de panique ou de peur. La psychologie étant un facteur très important dans la gestion des situations de crise.

 

Le ministère de la Santé et l’ensemble des organismes y afférents :

La responsabilité sociétale des organismes de la santé publique consiste en ce qui suit :

– Bien se préparer à maîtriser la situation en mettant à disposition les ressources matérielles, humaines et financières nécessaires, en tenant bien sûr compte de nos moyens.

–  Avoir un comportement exemplaire quant à la communication avec la population. La transparence et la sensibilisation sont de rigueur.

– Fixer les priorités et protéger les personnes les plus vulnérables

– Isoler avec fermeté les personnes pouvant éventuellement être contaminées par le virus à travers l’auto-isolement

– Protéger les médecins et le personnel de santé et essayer au maximum de leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. Fournir les équipements de protection adéquats

– Favoriser les partenariats publics privés « PPP « pour profiter au maximum des compétences et de ce que le secteur privé peut apporter en termes de solutions.

– Collaborer avec les ministères des autres pays pour profiter de leurs expériences et ne pas commettre les mêmes erreurs.

Les établissements de l’enseignement :

Avant la fermeture des établissements de l’enseignement, la responsabilité sociétale consistait à se conformer aux instructions du ministère de l’Education et à sensibiliser le personnel, les élèves/étudiants et les parents sur les mesures de prévention à respecter.

Après la fermeture de ces établissements d’enseignement il y a quelques jours, un exemple de responsabilité sociétale serait une initiative de l’Université Virtuelle de Tunis UVT spécialisée dans l’enseignement à distance, qui se propose de doter les universités d’outils et d’une expertise permettant de continuer les cours à distance en attendant la reprise.

 

Le citoyen :

Le citoyen est le maillon fort de toute cette chaîne. Son rôle consiste à avoir un comportement responsable en se limitant au respect des consignes citées ci-dessus.

Chacun de nous, citoyens, est responsable de sa propre prévention mais aussi des gens qui l’entourent, amis, famille, collègues, etc. des gestes simples d’hygiène mais surtout de confinement vont déterminer notre degré de maîtrise de cette pandémie dans les prochains jours.

Nous tous, devons être unis et solidaires. Les gestes non responsables tels que le non-respect de l’auto-isolement devraient être rapportés aux autorités dans l’intérêt de toute la population. C’est cela aussi être un CITOYEN RESPONSABLE.

 

Finissons avec une note positive :

Dans un statut publié le 13 mars sur Facebook par le Docteur Dhaker Lahidheb, la Tunisie a des atouts pour vaincre la propagation du COVID 19, le statut étant publié en Arabe, vous trouverez la traduction des principaux points ci-dessous :

– En Tunisie, les cours ont été arrêtés en avance en comparaison à d’autres pays, par rapport à la propagation du virus.

– La Tunisie dispose d\’un observatoire des maladies transmissibles et renouvelables, très avancé par rapport aux pays voisins.

– La Tunisie n’est pas une dictature, il y a par conséquent une transparence quant aux chiffres publiés

– La Tunisie a un gouvernement qui se soucie plus des citoyens que des grandes sociétés ainsi que le Dow Jones et le CAC40.

– Les personnes âgées ne sortent pas beaucoup pour faire les courses ou pour prendre le transport public.

– Le transport public n’est pas assez développé par rapport aux pays européens et donc moins de gens prennent le transport public proportionnellement.

– Le taux de tabagisme chez les femmes est bien inférieur à celui de la Chine et des pays européens.

– La Tunisie ne compte pas un grand nombre de personnes vivant avec le VIH (immunité réduite) par rapport aux pays européens.

– L’utilisation des climatiseurs n’est pas excessive tel que les les pays du Golfe ou avec des radiateurs comme le Canada et les pays du Nord.

– La Tunisie a des ministres qui ont appelé à travailler à distance deux semaines avant les pays développés par rapport à la propagation de la maladie.

C\’est pourquoi, avec un peu de conscience, de sens du civisme et de sang-froid, nous surmonterons bien la crise, si Dieu le veut.

 

 

*Aimen Ktari

– Formateur en « Efficacité des Ressources et Production Circulaire » avec le Centre de Commerce International (ITC), agence de l’ONU. 

– Expert label « RSE Tunisie » avec la CONECT (Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie). 

– Audit : AET EXPORT (Intertek partner) –Manager Audits RSE

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