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Qui pour expliquer le texte de Kaïs Saïed ?

Le président de la République a prononcé un discours ce dimanche 20 mars, durant lequel il a dit trop et pas assez. Surtout, il a rajouté de l’inquiétude parmi les Tunisiens.

Kaïs Saïed a annoncé que la Tunisie observera dès demain le confinement total. Mais il n’a pas dit en quoi consiste exactement le confinement total, ni sa durée. Idem pour la définition de « l’extrême nécessité » qui diffère d’un pays à un autre. Il mandate Elyes Fakhfakh, chef du gouvernement, pour nous l’expliquer nous rappelant du coup le fameux dicton tunisien « L’un trait et l’autre tient la machine à traire ».

 

Le président annonce l’interdiction de circuler entre les villes, sans donner de délai aux différentes personnes se trouvant loin de leur famille de rejoindre leurs proches avec qui elles resteront durant toute la période du confinement. Dans plusieurs pays, le confinement total ne signifie pas pour autant emprisonnement. On autorise les gens à sortir brièvement et dans leur quartier faire du jogging, promener leur animal de compagnie, faire des courses… Sera-t-il le cas pour la Tunisie ou ne pourra-t-on sortir que pour les courses alimentaires et médicales ? On va devoir attendre le chef du gouvernement (ou quelqu’un d’autre) pour nous le dire.

 

Kaïs Saïed parle de fermeture de certaines zones industrielles. Ceci concerne-t-il les usines alimentaires ou chargées des embouteillements des eaux minérales ou encore l’industrie pharmaceutique, indispensables même en temps de confinement?

Quid aussi de la question des petites surfaces commerciales qu\’il a évoquée. Il sous-entend que les hypermarchés devraient être fermés, alors que partout dans les pays où les populations sont confinées, on n\’a pas fermé ces grandes surfaces afin de décongestionner les supermarchés et petits commerces. Quid aussi des supermarchés et petits supermarchés de quartier, qui peut ouvrir et qui doit fermer ? Ou encore des restaurants qui proposent des produits à emporter ou à livrer, qui ont leurs portes ouvertes dans tous les pays totalement confinés comme en Espagne, France ou Italie ? Les propos de Saïed donnent droit à toutes les interprétations !

 Quid enfin des banques qui doivent ouvrir (ou distribuer des cartes de retrait) pour que les citoyens puissent disposer de cash ?

 

En revanche, là où on l’attendait le plus, Kaïs Saïed a brillé par son absence. Quelles mesures économiques pour toutes les entreprises qui doivent fermer boutique et payer, quand même, des salaires ? On ne parle pas des quelques grosses entreprises qui dégagent des dividendes, mais des PME tunisiennes (à commencer par le café du quartier jusqu’aux entreprises employant moins de 50 personnes) qui constituent l’essentiel de l’économie tunisienne formelle et qui ne dégage des dividendes que rarement.

Que vont faire, par ailleurs, les personnes qui travaillent au jour le jour et elles sont bien nombreuses ? Aucun mot pour rassurer ces gens-là de la part du président censé être celui de tous les Tunisiens et qui crie sur tous les toits « le peuple veut ».


Avec beaucoup de verbiage et peu d’informations utiles, Kaïs Saïed n’a pas raté l’occasion, une nouvelle fois, de susciter plus d’interrogations et d’inquiétudes que de réponses et d’assurances. Hélas pour nous !

 

R.B.H

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