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A quelque chose Covid-19 est bon

 

Des énergumènes travaillant à l’hôpital régional de Zaghouan ont refusé d’héberger des malades non originaires de la région. Ils ont été obnubilés par la bêtise, la peur et l’égoïsme, caractéristiques des moments de crise comme celle que nous traversons actuellement en rapport avec la pandémie planétaire du Covid-19.

 

Heureusement, leur comportement, condamnable et honteux, est un cas isolé et n’est nullement représentatif de l’ensemble du corps médical et paramédical dans le pays qui se démène, depuis déjà presque deux mois, avec courage et bravoure, contre la propagation du virus. Manquant souvent de moyens, parfois les plus élémentaires, et agissant sous la pression qui s’accroit jour après jour, le personnel de la santé publique a continué à batailler, sans baisser les bras, sans relâcher sa vigilance pour confiner la situation épidémiologique dans le pays dans une perspective gérable.

 

Même s’ils ne font qu’accomplir leur devoir, nous ne pouvons que remercier les travailleurs du secteur public de la santé pour avoir accompli leur devoir, mais pas seulement. Nous les remercions aussi pour avoir fait ce qu’ils avaient à faire avec beaucoup de compétence, d’efficacité, de courage, d’abnégation et d’engagement. On appelle cela le patriotisme.

Nous devons aussi leur présenter des excuses pour les avoir dénigrés, il n’y a pas si longtemps, lors de leurs récents mouvements sociaux, entrepris par désespoir et par dépit. Nous leur devons des excuses pour avoir refusé de les écouter, d’entendre leurs doléances, tendre l’oreille à la sonnette d’alarme qu’ils ont tirée concernant leurs conditions matérielles et professionnelles désastreuses. Nous leur devons des excuses parce que nous n’avons pas voulu voir que notre infrastructure est délabrée, que notre système de la santé publique était en agonie.

 

Aujourd’hui, ils n’ont plus rien à prouver. Ni leur courage et leur compétence, ni le délabrement général du système de la santé publique. Par contre, ils ont réussi à prouver que malgré tout, le système public de la santé reste notre seul espoir, car il est notre bouclier, notre première ligne de défense en cas d’épidémies graves et notre dernier rempart. En plus, et ce n’est nullement anodin, c’est un système qui profite à tous les Tunisiens, de toutes les régions du pays, de toutes les tranches d’âge, nantis et démunis, sans distinction.

 

Dans quelques semaines, au plus tard dans quelques mois, la pandémie du Covid-19 ne sera qu’un mauvais souvenir. C’est alors qu’il faudra se rappeler que les pertes en vies humaines auraient été plus lourdes si le personnel de la santé publique ne s’est pas démené comme le plus brave des gladiateurs. C’est alors qu’il faut reconsidérer le système de la santé publique, lui donner la priorité, le doter de tous les moyens nécessaires et investir, sans chercher à faire des économies de bouts de chandelles, dans l’infrastructure, les équipements, mais aussi dans d’autres secteurs en rapport direct avec la santé comme l’éducation, la formation et la recherche scientifique. Les Tunisiens n’en seront que reconnaissants.

 

Reconnaissants, les milliers de Tunisiens qui se sont trouvés coincés dans les aéroports, un peu partout dans le monde et qui ont été rapatriés, le sont aussi vis-à-vis de la compagnie aérienne nationale. Alors que d’autres compagnies, financièrement plus robustes, ont suspendu carrément leurs correspondances, la gazelle n’a pas hésité à voler au secours de ses compatriotes. Au cœur de sa crise financière aigue, elle a programmé des dizaines de vols pour que les Tunisiens partis temporairement, pour une raison ou une autre, à l’étranger, puissent retourner chez eux. Elle a réquisitionné un grand nombre de son personnel qui a accepté de braver consciemment, avec des moyens de protection dérisoires, les risques réels de contamination. L’opération de rapatriement aurait pu se faire dans de meilleures conditions s’il y avait une meilleure coordination entre les différents intervenants. Mais on ne peut que louer les efforts de la compagnie aérienne nationale. Ces efforts n’auraient pas été possibles si Tunisair n’était pas une compagnie nationale publique.

 

Au moment où nous reprendrons, après la crise du Covid 19, nos réflexions sur la restructuration des entreprises publiques, et même si Tunisair a un besoin urgent d’une restructuration profonde, autant se rappeler que Tunisair a accompli ce qu’aucune autre compagnie privée n’a fait, par ce qu’elle est une entreprise du secteur public dont la vocation est de servir avant toute autre considération lucrative ou mercantile. Autant se rappeler que le secteur public est notre allié fidèle dans les moments de disettes et de crises. Au quel cas, autant se convaincre que préserver le secteur public c’est garantir notre sécurité et notre bien-être. 

  

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