Quel jour de confinement est-on aujourd’hui ? Difficile à dire tant les jours se suivent et se ressemblent.
Si le fait de rester cloîtré chez soi a de quoi nous rendre fous, il y a beaucoup de bon dans ce confinement.
Imaginez, l’espace d’une seconde, que dans votre condamnation à de la prison pour durée indéterminée, vous n’êtes pas seuls. Dans le monde, des milliers de personnes vivent la même situation que vous. Cette pandémie touche 175 pays et concerne des milliers de citoyens. Qu’ils soient en Italie voisine, en France, ou même aux Etats-Unis ou en Inde. Les citoyens du monde sont tous, ou presque, touchés par le même mal. Tous, ou presque, nourrissent les mêmes angoisses. Survivra-t-on à demain ? Perdra-t-on un être cher ? Aurai-je de quoi manger ? Trouverai-je de quoi m’occuper ? Avec quoi je pourrai faire passer le temps ? Et quand pourrai-je de nouveau sortir comme l’homme libre que j’étais il y a à peine quelques jours ?
Si cette mesure est inédite en Tunisie et représente une source de frustration et d’incompréhension générale, elle l’est tout autant dans les nombreux pays dans lesquels elle est imposée. Une population angoissée et désemparée qui se demande quand est-ce que tout cela touchera à sa fin et si, au final, cet horrible emprisonnement aura réellement servi à quelque chose.
On en apprend plus sur les gens qui nous entourent en étant confrontés aux mêmes situations qu’eux. Le fait qu’un Tunisien, un Français, un Américain, un Grec ou un Sud-africain vivent au même rythme a de quoi rassurer en quelque sorte. Au final, l’homme n’est qu’un animal comme les autres. Un animal ayant des besoins finalement plus basiques que ce que l’on croit : ceux de se nourrir, de sortir au grand air et de survivre. Il y a de quoi s’interroger sur la véritable condition humaine et sur l’essentiel à côté duquel nous passons, pendant de très longues années, avant que l’instinct de survie ne vienne nous le rappeler avec une grosse gifle en plein visage.
On en apprend plus sur les citoyens du monde mais aussi sur les personnes qui nous entourent. Les membres de notre famille et leurs angoisses enfouies. Nos collègues et leurs faiblesses inavouables. Mais aussi nos voisins et leur mode de vie dont on aurait aimé ne pas tout savoir.
Etre confinée en appartement m’a permis de me reconnecter avec mes voisins que je ne faisais que croiser dans les couloirs et dans l’ascenseur. J’en apprends que l’un de mes voisins prend des cours de guitare. Il lui faudra plusieurs années de pratique pour arriver à sortir des sons audibles. J’en apprends aussi qu’un autre de mes voisins adore écouter de la musique en mettant le volume très haut après 23h. Ses goûts musicaux laissent à désirer. Ou que ma voisine de bloc adore hurler sur son mari en le traitant de noms d’oiseaux que je ne saurais vous répéter. Le confinement est une épreuve pour les couples.
Le silence du confinement et du couvre-feu nous rappelle qu’au final, nous sommes tous pareils. Que nos besoins et nos peurs les plus basiques sont partagés et ressentis par tous. Pas besoin d’entendre les querelles de mes voisins confinés, ou leurs ébats sexuels de réconciliation, pour s’en assurer….










