Le ministre des Finances, Nizar Yaïche a indiqué, ce jeudi 26 mars 2020, lors de son intervention à la séance plénière, que la situation économique actuelle est très difficile, indépendamment, de la crise du coronavirus, qui n’a fait qu’empirer les choses.
Le ministre des Finances est revenu, dans un premier temps, sur la question des finances publiques. « Les chiffres que vous voyez et la loi de Finances sont élaborés selon une méthode bien déterminée, respectant une loi organique datant de plusieurs années. Les chiffres fournis par le ministère des Finances sont corrects, mais établis selon une ancienne méthode qui est désormais la méthode actuelle. Malheureusement, cette méthode ne reflète pas la réalité de la situation, puisqu’elle ne prend pas en considération les arriérés de l’année précédente, celle de 2019. Elle ne comporte pas, également, les engagements hors budgets, ni les crédits des entreprises publiques et privées. Il s’agit de millions de dinars ».
Nizar Yaïche a indiqué : « Il faut un état des lieux réel, et un vrai bilan, il faut passer aux méthodes IPSAS. C’est un travail que nous avons, déjà, commencé. Avec la loi de Finances adoptée, nous ne pouvons payer les dépenses. Je ne vais pas les payer, je vous le dis, c’est impossible. Vous voulez la franchise ? C’est la réalité de la situation ».
Il a ajouté que tous les efforts actuels ne seront pas suffisants. « Il ne faut pas oublier la situation des entreprises publiques, qui outre les efforts financiers, nécessitent une véritable restructuration. Sans parler du budget, des déficits », soulignant que ce bilan est établi avant la crise du coronavirus, qui ne fera qu’approfondir la crise.
« Il faut mettre un terme aux tiraillements parce que l’heure est grave et la situation est très difficile. Des solutions ? Il y en a à conditions de changer les méthodes. Nous avons un programme que nous avons entamé. Nous devons batailler sur deux fronts : la situation économique et le coronavirus. Délaisser la crise économique initiale et se concentrer sur la crise du coronavirus serait l’erreur stratégique à ne pas commettre. Il faut changer le processus, mais pour cela il faut préparer le terrain », assure Nizar Yaïche, soulignant que le secteur privé restera toujours la locomotive de l\’économie nationale.
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S.H










