Le président du Mouvement démocratique Ahmed Néjib Chebbi a sévèrement critiqué, dans un post Facebook publié dans la soirée du mardi 31 mars 2020, le comportement du président de la République Kaïs Saïed d’une part et celui du gouvernement d’autre part.
Tout d’abord, le politicien a souligné qu’il n’allait pas commenter le discours du président de la République Kaïs Saïed : «Il ne le mérite pas, c\’est la même démarche incitative, qui incite les Tunisiens contre eux, pour les mêmes motifs et pour les mêmes fin : la lutte pour l’influence et les pouvoirs … entre les trois présidences».
Et d’estimer que la situation est très grave et qu\’elle ne peut tolérer plus de querelles entre des factions qui veulent apprendre l\’art de la politique aux dépens des capacités de leur peuple.
M. Chebbi pense, cependant, que le démarrage était encourageant, avec une conférence de presse quotidienne du ministre de la Santé et des décisions prometteuses du ministre des Finances pour sauver les entreprises et les postes d’emplois source de revenus des citoyens outre une aide pour les défavorisés et ceux ayant des besoins spécifiques.
Et de poursuivre : «Puis le rideau est tombé, le tableau s\’est éteint et le son a disparu, nous n\’entendons plus rien sur le gouvernement et nous ne voyons plus son impact. La confusion a régné, la peur a prévalu et un sentiment de solitude a dominé, jusqu\’à ce que l\’agitation vienne confirmer que quelque chose ne tourne pas rond dans le pays».
Ahmed Néjib Chebbi explique qu’on ne sait pas ainsi ce qui a été réalisé ou pas des mesures du gouvernement et on ne sait pas ce que représentent les décisions face aux besoins des citoyens et entreprises.
«Nous regardons au-delà de la mer et voyons les dirigeants des pays rivaliser pour soutenir le moral de leur peuple avec des paroles sincères et directes, mobilisant toutes leurs énergies de par la terre, de par mer et de par les airs, car ils sont en véritable guerre contre un ennemi invisible qui menace leur vie et leur entité économique», indique-t-il.
Pour lui, la situation ne peut pas continuer comme ça : «Je demande au chef du gouvernement de sortir accompagné de son ministre de la Santé, dans des points de presse quotidiens, pour nous informer honnêtement et courageusement sur l\’état de propagation de l\’épidémie, de l\’état de nos hôpitaux, de nos installations et de leurs besoins matériels et humains, ainsi que de la situation de nos entreprises et de ce qui est nécessaire pour les empêcher de s\’effondrer afin de préserver les moyens de subsistance et l\’emploi des citoyens. Tant que je ne connais pas la vérité sur ce que représentent les cinquante dinars pour les familles nécessiteuses, ou les subventions allouées par le ministère des Affaires sociales à 650.000 citoyens, je propose que l\’Etat garantisse ce dont les familles nécessiteuses et fragiles ont besoin en provisions pendant un mois ou deux».
Le politicien a indiqué qu’il a visité l’Irak pendant le blocus et a vu comment l’Etat a assuré les besoins primaires du peuple.
«Nous ne sommes pas un Etat pétrolier, mais sommes-nous incapables de fournir pour un million de citoyens tunisiens des plus vulnérables, ce qu\’a pu faire l\’Etat irakien avec 18 millions de citoyens et pendant 11 années consécutives?», s’est-t-il interrogé.
Et d’ajouter : «Je pense qu\’il est préférable de fournir de la nourriture et des besoins de base minimum à un million de Tunisiens issus de catégories défavorisées que d\’offrir des subventions financières en ignorant ce qu\’elles représentent pour eux et c\’est plus efficace que de pleurer sur leur situation ou de les inciter contre leurs concitoyens, sous prétexte des différences de classe, une provocation qui ne sert que les intérêts et les objectifs de groupes politiques qui se déchirent».
I.N











