Le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh est revenu, ce samedi 4 avril 2020 lors de son intervention à la plénière, sur le combat contre le coronavirus et l’importance d’activer l’article 70 de la Constitution afin de lui permettre de légiférer par ordonnance.
Ainsi, M. Fakhfakh a souligné que ce genre de crise sanitaire est inédit depuis l’indépendance et même depuis 150 ans, une chose nouvelle pour les rouages de l’Etat.
«Contrairement à ce qui se dit, je suis fier de la maturité des institutions de l’Etat et du peuple», a-t-il expliqué et de préciser qu’en 2 jours plus de 3 millions de Tunisiens ont consulté leurs smartphones en ce qui concerne l’accès aux aides offertes par l’Etat.
Le chef du gouvernement a assuré qu’on va dans la bonne direction et ceci grâce à l’écoute d’experts de tout bord et de donner comme exemple la commission sanitaire scientifique composée de 15 professeurs en médecines présidée par le ministre de la Santé.
Ceci a débouché sur la mise en place de nouveaux mécanismes, notamment pour toucher 1 million de personnes en une semaine. Ainsi, dans la distribution des aides, le gouvernement a pris en considération tous les détails, qu’elles arrivent à leurs destinataires, l’affluence (une moyenne de 20 à 30 personnes par bureau de poste par heure), … .
«On a essayé de penser à tout le monde. Nous avons une évaluation quotidienne et une mise au point quotidienne, en nous comptons sur les structures de l’Etat. Dans les gouvernorats, nous avons réactivé les commissions de lutte contre les catastrophes et nous avons même créé des commissions locales. Mais en ce qui concerne la lutte contre le coronavirus, nous voulons être unis et sur la même longue d’onde», a-t-il indiqué.
M. Fakhfakh a indiqué que l’Etat distribue quotidiennement en moyenne 80.000 dinars d’aides aux familles tunisiennes dans le besoin, qu’elles soient nécessiteuses ou conjoncturellement dans le besoin à cause de l’arrêt de travail. Il estime que d’ici mercredi, tous seront contentés, et prévoit de rectifier le tir pour ceux que l’Etat a oublié et qui se manifesteront.
En outre, l’Etat a préparé des colis comme ceux que prépare le ministère des Affaires sociales avant ramadan. Il a déjà distribué 10.000 et préparera 30.000, 30.000 et 100.000 autres. Tous les 10 jours, il distribuera ces colis, jusqu’à la fin de ramadan.
S’agissant des élans de solidarité, le chef du gouvernement a noté que les écoles ont été ouvertes pour réceptionner les dons en nature des Tunisiens. Il compte aussi sur la société civile, des réunions ont été organisées avec certains pour organiser son intervention. Mais, il avoué qu’il y a eu des erreurs et qu\’elles sont en train d’être rectifiées.
Et de rappeler que tout a été fait dans des délais très courts grâce au génie tunisien, aux compétences tunisiennes et les structures et institutions de l’Etat, notamment l’armée et les forces de l’ordre.
Tout est fait pour que les objectifs fixés au départ soient respectés : pas de Tunisiens qui ont faim, le moins possible de contaminés, pas de perte d’emplois et pas de perte d’entreprises.
Et de préciser que le gouvernement a même commencé depuis une semaine à penser à la relance après le confinement.
Elyes Fakhfakh a mis en garde que le pic de contamination est prévu pour cette semaine, d’où l’intérêt d’augmenter la vigilance et le respect des mesures sanitaires ainsi que du confinement.
Il a expliqué que le gouvernement continue son action anticipative, qui a donné jusqu’à cette heure de bons résultats, et soumet aujourd’hui l’activation de l’article 70 de la constitution dans cette optique : être préparé à tous les scénarios. Mais, l’affaire a pris de l’ampleur et a été compliquée, car l’essence même de l’article est la raison de l’activation et la période, non pas les domaines de légifération possibles. Il a rappelé aux élus que le parlement garde les rênes et a le pouvoir à tout instant de retirer la dérogation accordée au gouvernement.
Il a précisé que la limitation des domaines va entraver le travail du gouvernement, car il sera possible qu’il y ait besoin de choses impensables. A titre d’exemple, il a indiqué que si les choses se compliquent il est possible de créer un nouveau type d’établissements sanitaires.
«La pire chose qui puisse arriver c’est de faire quelque chose d’illégal et nous souhaitons être préparés à tout et prendre nos responsabilités», a-t-il martelé en affirmant «si on s’en sort dans un mois, on arrête la dérogation !»
Et de soutenir qu’il espère que ce cas de figure ne fera pas jurisprudence car l’essence même de l’article 70 est bafouée.
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I.N










