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Le président s’attache à l’œuf et ne fait rien pour la poule

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    Il est des temps où le confinement, plus de la moitié de la planète l’est, nous amène à nous poser des questions sur les problématiques sociétales de notre civilisation. Il parait impensable que, lorsque tout ceci sera derrière nous, nous reprenions la même vie qu’avant.

     

    Et le pourrons-nous ?

     

    Une économie mondiale qui ne sera pas, mais est déjà à terre. Ses acteurs, les êtres humains qui changent de paradigmes. Et ce changement de paradigmes va contraindre, de gré ou de force, nos Etats à se réinventer.

     

    Au Brésil, un président, Jair Bolsonaro qu’on ne présente plus, a limogé jeudi son ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta. Ce qui lui est reproché ? D’avoir dit dimanche dernier, lors d’un passage télévisé que « les Brésiliens ne savent plus s’ils doivent écouter le ministre ou le président ». Le président a répondu. Les Brésiliens pourront toujours écouter Mandetta, mais il ne sera plus ministre.

    Rappelons que le pic de la pandémie au Brésil est attendu pour mai – juin. Qu’en attendant, le désormais ancien ministre de la Santé s’est toujours battu pour la distanciation sociale et le confinement au nom de la science disait-il.  Que le président lui parle de petite grippe, et soutenait que « le remède ne pouvait pas avoir d’effets collatéraux plus nocifs que la maladie ». Notons que les mesures de confinement et de distanciation sociale relèvent au Brésil des prérogatives des gouverneurs et non du pouvoir central. Notons aussi que Mandetta est deux fois plus populaire dans les sondages que son président. #tuerlerival

     

    A l’équation qui consiste à trancher entre mourir de la crise économique ou mourir du virus, il n’est pas certain que le peuple attende comme seule réponse qu’il est préférable de s’exposer au virus tueur, pour que l’économie puisse tourner. L’Etat est comptable de la santé publique, et si un citoyen s’expose de façon certaine à un risque avéré de mort pour se nourrir, alors c’est à l’Etat de le nourrir. Quant au fait que le risque de ce confinement soit que les entreprises risquent de mourir, alors c’est à l’Etat de nourrir ces entreprises. Si l’Etat arbitre entre l’économie et la vie, c’est qu’il est défaillant.

    L’Etat est garant de la vie, et de l’économie. Notamment. Et n’est-ce pas pour cette garantie que nous lui consentons une partie de nos libertés, en se conformant aux règles de la société, parce qu’en échange, l’Etat nous apporte cette providence ? L’Etat doit nous permettre de vivre. Et si cela passe par le fait que le citoyen ne puisse plus jouer sa partition économique, c’est alors à l’Etat de la jouer. En payant. #pactesocial

     

    En Tunisie, le citoyen attend-il de son président de la République, en plein confinement et en plein couvre-feu, et alors que l’économie et ses citoyens sont à l’agonie, le citoyen attend-il que son président aille à la chasse aux œufs, fussions-nous en pleine fête de pâques chrétienne ? Et qu’il en profite pour s’offrir un bain de foule, fussions-nous en pleine fête de la résurrection chrétienne ? #73%

     

    Et pendant ce temps-là, 850 000 de ses citoyens qui vivent en France, n’ont ni ambassadeur ni consul général pour coordonner les actions à mener pour cette diaspora dont certains sont étudiants, et dont certains de ses étudiants, un grand nombre, vivaient des petits boulots d’étudiants qui du fait du confinement n’en vivent plus. Et que ceux-là sont en grande précarité, ne pouvant même plus se nourrir. #lost

    Sans aller jusqu’à cette diaspora, quid pour ce tissu économique déjà fragile ? La Grande Bretagne frappera monnaie pour inonder son économie, l’Etat Français paierai par de la dette européenne qu’elle ira chercher avec les dents s’il le faut. Les États-Unis injectent des milliards dans leur économie qu’ils iront emprunter sur les marchés. Et la réponse en Tunisie est une aide aux plus démunis qui n’arrive pas, et des entreprises qu’on menace de taxer plus. Le peuple tunisien, courageux s’il en est, regarde impuissant son président chercher des œufs et devra, une fois encore, ne compter que sur lui-même. A l’équation de l’œuf ou de la poule, le président tunisien s’attache à l’œuf. Ne fait rien pour la poule. Et tant pis pour l’or.

    Personne ne blâmera un dirigeant qui soigne son image. S’il soigne aussi son peuple et son économie. #laveriteestailleurs.

     

    Aux Etats-Unis d’Amérique, les citoyens attendent-ils de leur président, alors que le pays paie le plus lourd tribut du Covid-19, qu’il pointe du doigt l’OMS ?

     

    Que lui reproche-t-il ? d’avoir fait trop confiance aux données chinoises. Le reproche peut paraitre fondé. L’OMS a mis un mois, entre très exactement le 1er janvier et le 31 janvier, pour dire que le virus pouvait avoir une transmission inter humaine. Et pendant tout ce mois-là, l’OMS s’est alignée sur la communication chinoise, faible létalité, et transmission inter humaine non prouvée. On connait la suite. 

     

    Sauf que le citoyen américain n’a pas oublié que dans le même mois, Trump aussi parlait d’une simple grippe, Trump lui-même disait que le Covid n’était qu’une agitation médiatique des démocrates. Le 7 février, alors que le monde sait depuis 7 jours que la Chine avait menti, Trump a « exprimé sa confiance quant à la force et à la résilience de la Chine dans le combat face à l’épidémie du nouveau Coronavirus ».

    Les citoyens américains attendent-ils de leur président qu’en février il pèse de tout son poids auprès de l’OMS pour ne pas mettre en cause la gestion chinoise, et deux mois plus tard, vouloir intenter un procès à la Chine et geler son adhésion à l’OMS, en lui reprochant… de l’avoir suivi ?

    Trump est en campagne, mais il n’est pas certain que les Américains qui pleurent 37.079 morts et tremblent pour 706.779 contaminés à date, apprécient. Trump quand il montre la lune, regarde son doigt. #campagnemeurtiere

     

    Et dans tout ça, il semblerait, d’après une étude du centre d’étude des pathologies respiratoires en France, que l’immunité collective, qui peut-être une voie d’élimination du virus, soit une fausse piste. N’en déplaise au convalescent Boris Johnson. En effet, on observe ici et là des anciens malades qui retombent malades. La piste la plus probable serait que pour certaines personnes, le virus se maintienne dans l’organisme, en très faible charge virale, et qu’un ou des facteurs externes relancent la propagation du virus. Ces facteurs externes peuvent être un affaiblissement de l’organisme par une autre pathologie qui apparait, ou la prise de certains médicaments.  

    Une étude chinoise, quant à elle, suggère que la réapparition du virus soit liée au fait que 6% des patients ne développent pas assez d’anticorps contre le virus après avoir été atteints. Ceux-là ont des anticorps qui n’ont pas « la mémoire » anticorps de la première attaque virale.

    Le manque de recul sur le virus ne permet pas toutefois d’avoir une réponse scientifique ferme. La certitude en revanche est que la maladie est réapparue chez certains. Une femme en ASIE a été retestée positive dix jours après sa première guérison totale. En Chine, dans la ville de Guangdong, ils sont 14% de guéris à avoir été de nouveau atteints. Et enfin en Corée du Sud, celle au Nord est occupée à tirer des missiles, ce sont 91 patients qui sont redevenus positifs. #unefoisnestpascoutume

     

    C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez éteindre vos smartphones. Et confinez.

     

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