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Ils ont échoué au test de l’exemplarité

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    En ce temps de crise, deux remarques s’imposent. La première concerne le devoir d’exemplarité des dirigeants qui se doivent d’être exempts de tout reproche, montrer la voie à suivre et être des modèles pour leurs concitoyens. La seconde remarque concerne le devoir de vigilance des citoyens envers leurs gouvernants, surtout en temps de crise. En effet, l’observation, la vigilance, la critique envers les responsables politiques doivent se poursuivre même en temps de crise, par tous les temps et dans toutes les circonstances. Dire qu’il n’est pas opportun de critiquer les dirigeants quand le pays va mal, quand il y a un danger intérieur ou un ennemi qui guette est le meilleure moyen pour glisser vers une dictature certaine.

    Malheureusement, l’attitude du président de la République au cours de sa visite à Kairouan était loin d’être exemplaire. En visitant dans la soirée l’usine de confection des bavettes, il a imposé au personnel de sortir de son confinement et d’entrer en contact avec toutes ces personnes qui l’accompagnaient. Tout cela, pour se prendre en photo. S’il avait voulu rendre hommage à la bravoure du personnel de cette usine, il aurait pu attendre la fin de la crise pour inviter les ouvrières et leurs responsables au palais de Carthage, les remercier et leur offrir une enveloppe en guise d’indemnité ou de cadeau de la part de la présidence de la République. Dans sa virée nocturne, en bravant le couvre-feu qu’il a lui-même décrété, il a provoqué un attroupement dangereux pour la santé de ses ouailles. Même son modèle d’il y a dix siècles, le Farouk, n’aurait pas aimé ce spectacle.

    Le ministre de la Santé n’a pas été exemplaire lui aussi en allant faire un bain de foule à Sousse auquel il semblait, sur les photos, toujours les photos, prendre un réel plaisir. L’inauguration de l’extension des urgences de l’hôpital Sahloul , compte tenu de la pandémie, aurait pu se limiter à une belle plaque à l’entrée des urgences. L’hommage au généreux donateur aurait pu se faire au siège du ministère de la santé, dans des conditions plus conformes aux directives de distanciation sociale. Mais que faire avec un ministre qui donne l’impression d’être dans une campagne électorale permanente, qui sembler ne pas tolérer que les feux de la rampe se détournent de sa personne pour fixer l’un de ses collaborateurs. La mise à l’écart de l’un des précurseurs de la lutte contre le corona virus en Tunisie et son remplacement par un spécialiste de l’accompagnement des pèlerins est une décision qui en dit long sur l’esprit qui anime ce ministre.

    Quant au ministre de l’Industrie, pour avoir négocié un marché, de plusieurs millions de dinars, de  gré-à-gré avec un député, sans respecter la législation en vigueur, il doit démissionner s’il respecte la règle l’exemplarité. Sinon, le chef du gouvernement doit le démettre de ses fonctions pour donner l’exemple. Dire par la  suite qu’il ignorait la qualité de son fournisseur est un facteur aggravant qui ajoute la crédulité à sa légèreté et sa mauvaise gestion de ce dossier. La mauvaise foi du député, ajoutée à son arrogance méritent elles aussi d’être lourdement sanctionnées nonobstant l’immunité dont il jouit injustement.

    Le ministre des Transports doit lui aussi démissionner ou être éjecté de la composition du gouvernement. Il  doit s’expliquer avant cela sur deux dossiers choquants : celui de l’accident de sa fille avec une voiture de fonction d’une valeur de plus d’un quart de milliard de nos millimes, et celui de son refus de restituer une maison de fonction qu’il n’a pas le droit d’occuper en tant que ministre des Transports. L’arrogance manifeste de ce ministre renseigne sur la nature de ses appuis ainsi que sur les clivages au sein de ce gouvernement.

    De la part du ministre du Commerce, on attendra des excuses pour avoir nié l’implication de responsables régionaux et locaux dans des délits de spéculation et de monopole des denrées alimentaires.

    Le ministre des Affaires sociales doit lui aussi s’excuser pour avoir annoncé des décisions sociales qui ont provoqué des attroupements monstres parce qu’elles n’ont pas été accompagnées par des mesures qui préviennent les mouvements de foule.

    La ministre de la Culture, pour avoir favorisé les chaines de télévision dans une période de confinement strict, pour avoir insulté ceux qui se sont opposé à sa décision et pour avoir été déboutée au final par le tribunal administratif, elle doit présenter ses excuses elle aussi, ou rendre le tablier si elle veut être en phase avec ce qui se passe dans les démocraties les plus ancrées.

    Enfin, le ministre de la Fonction publique, de la bonne gouvernance et de la Lutte contre la corruption doit arrêter ses tergiversations. Agir contre tous les dérapages et contre toutes les formes de corruption, annoncer son impuissance ou partir. Pour le moment, il ne fait  que dilapider son capital sympathie.

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