Emna Chargui est une blogueuse tunisienne qui a partagé un texte humoristique intitulé « Sourat Corona » (Verset Corona, ndlr), imitant le format et l\’ornement d’une page du Coran.
L’affaire a fait couler beaucoup d’encre entre ceux qui considèrent les faits reprochés à Emna Chargui comme une forme de liberté d’expression et les autres comme une atteinte au sacré. L’avis du ministère public a été plus tranché puisqu’il a permis à la brigade de la protection sociale de la Kasbah de convoquer la jeune femme et de l\’interroger à ce sujet.

C’est dans ce cadre que l’Observatoire national pour la défense du caractère civil de l’Etat a exprimé son étonnement face cette démarche, estimant que le texte publié sur le compte Facebook de Emna Chargui est non seulement imaginaire mais repris du compte d’une amie algérienne virtuelle. Pour lui, c’est une forme de liberté d’expression qui a provoqué des menaces de mort et de l’injure. Mais, les forces de l’ordre au lieu de poursuivre les personnes précitées, ont déféré la blogueuse pour atteinte au sacré et incitation à la violence.

Réagissant à cette convocation, le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) Néji Bghouri a estimé que cette garde à vue est un scandale d\’Etat et un indice dangereux du retour de la politique de la répression et de la muselière.
Pour lui, le gouvernement de Fakhfakh est soumis au Conseil de la Choura.

M. Bghouri a noté que la blogueuse est victime des campagnes de diffamation et de menaces. Il a indiqué qu’une source officielle a précisé qu’elle a été entendue par un enquêteur et qu’elle sera déférée ce mercredi 6 mai 2020 devant le ministère public en état de liberté.
I.N










