Parce qu’elle a défendu le règlement intérieur, Samia Abbou a été accusée de faire du stambali par Habib Khedher, chef de cabinet du président de l’Assemblée des représentants du peuple.
C’est à propos de son point d’ordre hier, mercredi 13 mai 2020 (voir notre article à ce sujet ainsi que la vidéo à la minute 5h17’) quand elle a rappelé au président de séance Tarak Fetiti l’article 111 du règlement intérieur et la nécessité de son respect par Habib Khedher. En pleine séance, M. Khedher déambulait tranquillement entre les sièges des députés, alors que cet article le lui interdit catégoriquement. Mme Abbou a relevé l’infraction avec beaucoup de calme précisant que son seul objectif est le respect du règlement et quand on ne fait pas fi de ce règlement, elle ne peut être que correcte et calme. Elle a rappelé que son prédécesseur, chef de cabinet de Mohamed Ennaceur, n’entrait jamais dans la salle et attendait sagement dehors. Habib Khedher a répondu par un sourire moqueur et s’en est allé.
A la sortie, il a rencontré Abdellatif Aloui, député d’El Karama, coalition extrémiste inféodée aux islamistes d’Ennahdha, à qui il a raconté la scène qualifiant l’intervention de Mme Abbou de stambali (rite mystique tunisien mélangeant le chant, la musique et la danse), alors qu’il n’était entré d’après lui que pour parler à Tarak Fetiti et lui corriger une erreur dans l’intervention du ministre.
Ceci est faux, puisque M. Khedher était dans la salle entre les sièges et non près du pupitre du président, ce qui lui est interdit aussi. A noter que M. Khedher était souvent filmé derrière le président Rached Ghannouchi dans les plénières.
N’empêche, et en dépit de ces violations flagrantes, Abdellatif Aloui a pondu un long texte laudateur pour Habib Khedher estimant que ce dernier n’est attaqué que parce qu’il est islamiste et parce qu’il est père fondateur de la nouvelle constitution. « Que veulent-ils en l’attaquant ? Ils veulent l’assassiner symboliquement et moralement parce que son nom est corrélé à la constitution, en tant qu’assesseur. C’est un « intégriste » qui doit mourir. Ils le visent aussi parce qu’ils cherchent à atteindre Rached Ghannouchi, le deuxième «intégriste » qui a osé occuper la présidence de l’ARP dans le pays de la modernité et le progressisme », a expliqué ironiquement M. Aloui.
Encore une contrevérité quand on sait que Samia Abbou était aux premières loges pour défendre les islamistes et leur droit d’exercer la politique comme tout le monde.
R.B.H











