L’expert en géopolitique et professeur universitaire Rafaâ Tabib a refusé de serrer la main du député et leader de la coalition Al Karama Seifeddine Makhlouf, une chose qui a ravi le secrétaire général adjoint de l\’Union générale tunisienne du travail (UGTT) Sami Tahri.
Invité pour intervenir sur un plateau télé et n’étant pas au courant de la présence de Seifeddine Makhlouf, il a refusé de saluer l’élu ce qui l\’a fait sortir de ses gonds, insultant tous ceux qui étaient en relation avec lui, de Chokri Belaïd aux universités françaises, explique M. Tabib dans un post Facebook daté mercredi 13 mai 2020. Et d’ajouter : «Je n’ai pas répondu mais j’ai conditionné ma présence par sa non intervention dans l’espace de la mienne pour préserver le niveau intellectuel».

M. Tabib a expliqué sa position par le fait qu’«une poignée de main est une position, une reconnaissance et une soumission».
Et de poursuivre : «Ce n\’est pas seulement une question d\’éthique ou une pratique sociale. Personnellement, je considère le phénomène des ligues de la protection de la révolution et ses rejetons comme Seifeddine Makhlouf comme une partie de la décadence qui a touché notre nation à cause de l\’ignorance, du crime et de la dégradation.
Je ne peux souiller ma main qui a présenté ses condoléances à des dizaines de martyrs de leaders, de sécuritaires et de militaires. Ma loyauté envers l\’Etat et ses protecteurs m\’empêche de normaliser avec des criminels et des prêcheurs de terrorisme.
Je suis convaincu que nous sommes à un tournant historique qui redonne à la Tunisie, héritière de Carthage, son éclat, son leadership et l\’intelligence de son peuple. Il est donc inutile de traiter les impuretés comme faisant partie d\’une scène politique. Pour tout cela, j\’ai refusé de serrer la main de quelqu\’un qui n\’a pas d\’avenir».
Une position saluée, ce jeudi matin 14 mai 2020, par Sami Tahri qui dans un post Facebook a affirmé que : «Rafaâ Tabib a fait entrer le rat dans son trou. Gloire aux martyrs».

Il faut dire que la tension entre l’UGTT et les des ligues de la protection de la révolution ne date pas d’aujourd’hui. Elles ont commencé après la révolution et se sont enflammés en 2012 lorsque les ligues ont attaqué le siège de la centrale syndicale. Depuis, ils sont des ennemis jurés.
Le dernier incident en date est celui qui a opposé l’élu Al Karama Mohamed Affes aux syndicalistes.
I.N










