La rue tunisienne ne sait plus à quel saint se vouer et où obtenir l’information, au vu des signaux contradictoires émis par le gouvernement et une communication assez chancelante en la matière.
Le couvre-feu a été allégé et n’est plus à 20 heures, mais à 23 heures. Ceci, pense-t-on, devait être accompagné par l’ouverture des magasins et grandes surfaces comme de coutume en pareille période d’avant-aïd, afin de permettre aux Tunisiens de faire leurs emplettes pour la fête religieuse, prévue le dimanche 24 mai 2020. La réponse est toutefois négative, il n’y aura pas de magasins ouverts la nuit et l’allègement horaire ne sert finalement à rien, puisque les cafés et les magasins, destinations préférées des Tunisiens pour les soirées ramadanesques, sont fermés.
Plusieurs en rigolent, en déclarant alors le virus, par miracle, va s’arrêter de se propager à 23 heures et non plus à 20 heures ?
Ensuite, il y a la question du déconfinement. Plusieurs automobilistes sont arrêtés pour contrôle d’autorisation de sortie, alors qu’ils pensaient que cette histoire est finie avec le retour progressif à la normale et l’ouverture des magasins, des salons de coiffure et autres. Les taxis, en revanche, ne sont pas arrêtés et leurs clients ne sont pas contrôlés pour leur autorisation. Ainsi, on s’interroge pourquoi quelqu’un est contrôlé quand il est dans sa voiture et pas dans son taxi. On s’interroge aussi pourquoi les magasins sont ouverts, s’ils ne peuvent être fréquentés que par les « chanceux » qui ont une autorisation de sortie ?
Une meilleure communication et une actualisation des informations destinées aux forces de l’ordre seraient les bienvenues pour que les Tunisiens sachent comment « vivre » cette première période de déconfinement.
R.B.H










