L’écrivain et essayiste franco-tunisien, Albert Memmi est décédé à Paris dans la nuit du vendredi 22 mai 2020. Il est né en 1920 à Tunis dans le quartier juif de la Hara, sous le protectorat français. Il était officier de l\’Ordre de la République tunisienne, commandeur du Nichan Iftikhar (un ancien ordre honorifique tunisien de l’époque des beys, ndlr) ainsi que officier de l\’Ordre français de la Légion d\’honneur.
Albert Memmi a reçu de nombreux prix notamment le Prix de Carthage à Tunis en 1953, le Grand Prix littéraire du Maghreb de la Fondation Nourredine-Aba à l\’Unesco en 1995, le Prix littéraire Tunisie-France et le dernier en date le Grand prix de la francophonie décerné en 2004, par l\’Académie française pour l\’ensemble de son œuvre écrite en français.
Annonçant son décès, ce dimanche 24 mai, l\’ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d\’Arvor a rendu, dans un post Facebook, un vibrant hommage au défunt.
« Il est parti loin de Tunis où il était né, il y a exactement 100 ans, loin du quartier de la Hara, et de l’impasse Tronja. Loin de cette Tunisie qui l’a tant façonné et a fait éclore une œuvre unique, magnifique, puissante, complexe et parfois incomprise, tant l’arrachement à la terre natale et la marque de sa judéité y sont forts. « Un écrivain de la déchirure », comme le dit si bien Guy Dugas à qui l’on doit un travail remarquable sur l’auteur et l’édition de son journal intime, à compter de la seconde guerre mondiale », a écrit M. Poivre d\’Arvor en rappelant que feu Albert Memmi avait accompagné et soutenu avec conviction le mouvement nationaliste et l’indépendance tunisienne.
Et d’indiquer : « J’espérais, depuis trois ans, qu’il puisse venir rencontrer une fois encore ses amis tunisiens et nous parler de cette œuvre-vie si imposante. Lors d’une dernière correspondance, il y a quelques semaines, il avait décliné cette offre, en raison de son grand âge, mais adressait à la Tunisie de son cœur et de sa chair un salut chaleureux ».
Paix à son âme











