Le bureau exécutif de l’UGTT a rendu public un communiqué, ce dimanche 31 mai 2020, exprimant son refus de toute intervention étrangère en Libye, ce qu’il considére comme « une colonisation directe ».
La centrale syndicale réclame une solution libo-libyenne de la crise, soulignant l’importance de faire prévaloir le dialogue et cesser les attaques armées. « L’UGTT, ainsi que toutes les forces nationales, se sont mobilisées contre toute utilisation du sol tunisien comme point de départ d\’une ingérence américaine, turque ou autre, en Libye » lit-on dans le communiqué.
La centrale syndicale indique qu’elle va mobiliser toutes ses forces et recourir à toutes les formes de pression pour éviter d\’immiscer la Tunisie dans la politique des axes, appelant toutes les autorités à respecter la position officielle de la Tunisie, à refuser de se ranger du côté d’une partie ou d\’une autre et à éloigner le pays de toute implication dans la destruction de la Libye voisine et de son peuple.
L’UGTT appelle le Président de la République, Kaïs Saïed et les représentants du peuple à présenter une initiative législative qui empêche toute partie, quelle que soit sa position ou sa force, de faire ranger le pays derrière des alliances, qui sont toutes contre l\’intérêt de la Tunisie et contre l\’intérêt du peuple libyen et des peuples de la région arabe, selon le communiqué.
L’UGTT appelle également les autorités tunisiennes, en particulier le président de la République, à prendre toutes les mesures de sécurité, de protection et de souveraineté nécessaires pour protéger les frontières de la Tunisie, empêcher les mouvements terroristes à destination et en provenance de la Libye et à ne pas répéter l\’expérience criminelle de la circulation des éléments terroristes, toujours selon la même source.
Le communiqué de l’UGTT vient en réponse à la déclaration du chef du Commandement américain pour l’Afrique, Stephen Townsend, rapportée vendredi 29 mai par l’agence de presse Reuters affirmant que la Russie continue d\’alimenter les flammes du conflit libyen et que la sécurité régionale en Afrique du Nord suscite de plus en plus d\’inquiétudes et que les Etats-Unis examinent avec la Tunisie de nouveaux moyens pour répondre aux problèmes de sécurité communs, y compris le recours à une brigade américaine.
Le Commandement des États-Unis pour l\’Afrique (Africom) a tenu à préciser, ensuite, qu’il s’agit seulement d’une petite unité de formation dans le cadre d\’un programme d\’assistance militaire à la Tunisie et non de forces de combat.
I.M










