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L’économie de la dernière chance…

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    Toute l’attention est portée sur les élucubrations des députés sous l’enceinte du Bardo. Qui a frappé qui aujourd’hui ? Qui a remporté le prix de l’insulte la plus virulente ? Qui a simulé une agression qui n’a jamais eu lieu pour réussir à remporter la palme de la victime la plus opprimée ?

    Pendant, ce temps-là, les choses sérieuses se passent ailleurs…mais suscitent (malhuereusement) moins d’engouement et déchaînent moins les passions. La conférence de presse du ministre des Finances Nizar Yaiche est passée presque inaperçue, du moins pour les observateurs nourris aux chamailleries politiques des plus enfantines.

     

    Pour les autres, Nizar Yaiche a été très applaudi et même plébiscité comme étant l’homme de la période à venir et même (pourquoi pas) un bon futur chef du gouvernement.  Pourquoi ? Parce qu’il est évident que la période à venir est économique avant tout. Abir Moussi avec ses sit-in dont on oublierait les motivations, Mehrezia Laâbidi et sa présumée agressions et Seif Eddine Makhlouf et ses combats indéfendables ne sauveront pas le pays de la banqueroute. Un bon plan de relance économique, par contre, pourrait le faire.

     

    Dans un environnement d’instabilité politique, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent restent une menace bien plus sérieuse. Pour tenter d’y remédier, le ministre des Finances annonce ce qu’il qualifie de « plan de sauvetage économique ». 67 mesures articulées sur 8 axes dont un qui s’intéresse à la lutte contre l’évasion fiscale.

    Le pays doit se redresser d’une crise économique, suivie d’une pandémie sanitaire. Pour ne rien arranger, la crise politique qui s’en suit risque de plomber une situation déjà – n’ayons pas peur de le dire – cataclysmique.

     

    La fin du régime fiscal forfaitaire est tout de même une mesure non négligeable dans la mesure où l’impôt représente la partie la plus importante des ressources propres de l’Etat, qui ne dispose que de très peu de ressources naturelles. Plus de 400.000 personnes ne contribuent qu’à hauteur de 0,2% dans la formation des ressources fiscales de l’Etat.

    Cette mesure aurait dû faire beaucoup réagir, mais a été éclipsée par le brouhaha politique. Dans les faits, les contribuables bénéficiant de ce très critiqué régime forfaitaire contournent leurs obligations fiscales et déclarent peu – ou pas – de revenus à l’administration fiscale… Coup de tonnerre, certes mais apportera-t-elle les effets escomptés ? Rien n’est moins sûr.

     

    Pour être efficace, une telle annonce devrait s’accompagner de mesures pratiques pour être appliquée. Quid des professions libérales ne tenant aucune comptabilité ? Ou de celles qui recourent au chantage et aux pressions pour ne pas subir la justice fiscale ? Plusieurs d’entre elles passent indubitablement les mailles du filet.

     

    Idem pour la nouvelle obligation de barrer les chèques de plus de 3000 dinars. Une mesure belle sur le papier mais contradictoire avec les pratiques – non pas les lois mais les pratiques – en cours dans un pays où le liquide reste encore le mode de paiement le plus usuel. Ne pas permettre de payer un montant de plus de 3000 DT en liquide alors qu’il est parfaitement possible – et aussi légal – de retirer une somme d’argent de plusieurs centaines de milliers de dinars à la banque. Il est aussi parfaitement courant de se voir refuser de payer ses courses par chèque bancaire et il reste rare de trouver des commerces équipés de terminal de paiement électronique (TPE). Peu importent (ou presque) les mesures annoncées, leur mise en application reste hasardeuse dans le contexte actuel. 

    Face à la réticence générale, généraliser les moyens de paiement électronique, les chèques et les cartes de paiement pour toutes les transactions, même les plus petites, devrait être une véritable politique d’Etat.

     

    Si elles sont pleines de bonne foi, ces mesures se heurteront à l’éternel écueil du Parlement. Le gouvernement démissionnaire, peinait déjà à appliquer les mesures de sortie de la crise Covid annoncées alors que la pandémie battait son plein. Réussira-t-il à mobiliser suffisamment de soutien politique pour arriver à faire voter ces mesures et garantir leur application ? Que fera-t-on lorsque le nouveau gouvernement en place balaiera tout d’un revers de main pour en proposer d’autres?

     

    Il s’agit de manœuvres de la dernière chance pour un gouvernement qui rend ses derniers souffles…

     

     

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