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Kaïs Saïed au secours des partis

 

La période de vacances estivales prenant fin, l’heure du bilan a sonné, tout comme celui de troquer les smartphones contres des ordinateurs, plus propices pour le travail. Et force est de constater que le Monde, lui, n’a pas chômé pendant ces deux mois.

 

L’Amérique brûle, dans l’ouest des États-Unis, sur une zone qui va de la frontière du Canada à celle du Mexique, avec un bilan tragiquement provisoire de déjà 16 morts. 900 000 hectares répartis sur trois états sont partis en fumée, et ça brûle encore. C’est la Californie, l’Oregon et l’état de Washington qui luttent contre les flammes. 900 000 hectares, c’est 85 fois Paris, c’est 42 fois le Grand Tunis. Et enfin ce sont 500 000 personnes qui ont été évacuées des zones en feu ou menacées de l’être. En cause, une forte sècheresse combinée à des vents violents. Il est toujours plus aisé d’accuser la nature plutôt que de faire face à ses propres turpitudes. #regardezledoigt

 

En Amérique toujours, celles des États-Unis encore, a vu son Trump de Président être proposé pour … le prix Nobel de la paix. Sa candidature, téléguidée par lui-même, est portée par le président de la délégation norvégienne à l’Assemblée parlementaire de l’Otan, Christian Tybring-Gjedde. Pour le situer, le monsieur, également député de son Etat, est partisan des politiques anti-immigrations. Pour être nominé, il convient de remplir trois critères : avoir agis pour la fraternité entre les nations, participer à la réduction des armées permanentes et promouvoir des congrès de paix. Et pour cocher ces cases, le parrain de cette nomination s’appuie sur l’accord de paix entre Israël et les Émirats Arabes Unis, un sommet Serbie-Kosovo organisé à la Maison Blanche, et le retrait de troupes américaines au Moyen-Orient.

Le même avait proposé Donald Trump pour le prix de 2019 en récompense de sa tentative de rapprochement avec la Corée du Nord. Trump avait également, et à sa demande, été appuyé par le Japon et il s’était alors cru autorisé à commenter sa candidature et disant ; citons-le : « Je pense que je vais obtenir le prix Nobel pour beaucoup de choses, s’ils l’attribuent justement, ce qu’ils ne font pas ». Et de conclure : « Ils en ont donné un à Obama juste après son arrivée à la Présidence, et il n’avait aucune idée de la raison pour laquelle il l’a eu et vous savez quoi ? C’est la seule chose sur laquelle je suis d’accord avec lui ». Donald Trump, septembre 2019. Pour la postérité. Mais pas forcément celle à laquelle il aspire. #cestàçaquonlesreconnait


Pour finir sur ce continent, évoquons l’élection présidentielle qui voit Joe Biden, le candidat démocrate opposé à Donald Trump s’envoler dans les sondages. Et il convient ainsi de rappeler que ces mêmes sondages donnaient en 2016 Hilary Clinton à 91% de chances d’être la prochaine présidente des États-Unis. La difficulté d’un pronostic vient de la combinaison entre deux règles. Celle qui vaut que celui qui gagne un Etat à la majorité simple, obtient la totalité des voix des Grands électeurs, dont ceux, même minoritaire qui n’ont pas voté pour lui. Et l’autre qui est relative aux swing states, ces Etats qui basculent à quelques voix près d’un candidat à l’autre. En 2016, les sondeurs se sont trompés car ils n’ont pas réussi à anticiper le fait que le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie basculeraient dans le camp Républicain. Ils ne l’ont tellement pas anticipé qu’ils ne sondaient pas ces Etats, persuadés qu’ils étaient démocrates. Et des 270 Grands électeurs qu’il faut pour être élu, Hilary Clinton n’en a obtenu que 232, contre 306 pour son rival. #compternestpasraison

 

Au Liban, c’est le port de Beyrouth qui s’embrase, et pour la seconde fois en un mois. Le premier accident survenu le 4 août dernier, tragique s’il en est, a fait plus de 190 morts.  Il est dû à l‘explosion d’un stock de nitrate d’ammonium abandonné en 2013, par un navire sous pavillon Moldave, qui a dû faire une escale à Beyrouth alors qu’il se rendait en Mozambique, à cause d’une panne que l’armateur a refusé de réparer. Cet entrepôt aurait explosé à la suite d’une première déflagration dans un dépôt de feux d’artifice. Lui-même aurait explosé à la suite d’un incident provoqué par une opération de soudure pour sécuriser un accès aux entrepôts du port. Le 7 août toutefois, le Président Aoun parle d’une possible « action extérieure avec un missile ou une bombe » et demande au président français des images satellites pour corroborer ou pas le propos. Le même Président Aoun qui refusera une enquête internationale.

C’est dans ce contexte, que jeudi dernier un entrepôt de la Croix rouge a pris feu, brûlant des milliers de denrées pour l’aide alimentaire, 500 000 litres d’huiles d’olives et des pneus. Le feu serait dû cette fois-ci aux étincelles provoquées par une scie électrique utilisée pour des travaux de réparations. Michel Aoun, toujours lui, avait évoqué « un acte de sabotage, ou une erreur technique ou une négligence ».

Le pays traverse ce qui est probablement la plus grave crise économique de son histoire, les libanais voient leur avenir à court et moyen terme particulièrement sombre. Et pendant ce temps-là, les politiques s’accusent les uns les autres d’avoir provoqué ces feux. Faute d’une étincelle patriotique, ils risquent de finir englouti par la gronde populaire d’un peuple depuis trop longtemps sur des charbons ardents. #contrefeu

 

En Tunisie, il y a eu un énième gouvernement conduit par un énième nouveau chef de gouvernement. Apolitique, il a été désigné par le chef de l’Etat qui n’a pas suivi les propositions des partis, parce que le chef de l’Etat, censé être au-dessus des partis, a décidé de s’opposer aux partis. Et quand on s’oppose, loi de physique rudimentaire qu’il convient manifestement de rappeler, on n’est plus au-dessus, mais en face. Et donc en face des 2 946 628 électeurs des partis.

Le bon sens politique aurait voulu que, plutôt que de s’opposer, on cherche à responsabiliser les partis en les mettant face à leurs engagements et donc en les confrontant à leurs électeurs. Et ce n’est sûrement pas en isolant la gouvernance des partis qu’on pourra leur demander des comptes sur leurs promesses électorales.

Il aurait été plus habile de confier les clés de chaque ministère aux différentes formations politiques, en donnant à chaque parti, comme feuille de route, les promesses électorales faites dans les domaines dont ils assument la charge. Le président en aurait été arbitre, les partis en seraient devenus comptables, et le peuple aurait pu juger.

Or, et résultat de cette opposition présidentielle, le chef du gouvernement apolitique a dû se vendre aux partis pour obtenir sa majorité. Cette vente s’est faite dans le secret le plus absolu et avec pour seul arbitre les alcôves du pouvoir. Les partis rendent le président comptable de son choix. Les promesses sont remises à plus tard avec pour parfait alibi de ne pas pouvoir les mettre en musique faute de pouvoir. Et le peuple, qui observe tout ce manège, va devoir, une nouvelle fois, ne compter que sur lui-même pour maintenir la tête hors d’une eau qui continue à monter. #arroseurarrosé  

 

On dit qu’au matin, au bord d’une plage, une jeune demoiselle qui voulait se marier, échangeait avec son fiancé aux multiples métiers, sur ce qu’ils pouvaient faire de leurs vies. Reste à savoir, une fois minuit sonnée, ce qu’il adviendra d’eux.

 

C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez éteindre vos smartphones.

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