Invité de l’émission “dans le vif du sujet” de jeudi 1er octobre 2020 sur les ondes de RTCI, le directeur général de la Bourse de Tunis, Bilel Sahnoun, est revenu sur le lancement de la plateforme JoussourInvest.tn.
Cet outil de matching créé pour mettre en relation des PME à la recherche de financement avec les investisseurs a été lancé en septembre par la Caisse des dépôts et des consignations (CDC), la Bourse de Tunis et l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC), en partenariat avec le programme Tunisia JOBS de l’USAID.
S’exprimant au sujet de l’utilité de cette plateforme et ses objectifs, Bilel Sahnoun a d’abord rappelé que le marché des capitaux en Tunisie n’avait jamais réussi à dépasser les 10% en termes de participation au financement de l’économie tunisienne.
“Après la révolution, conjuguée actuellement à la crise Covid-19, les fonds propres des entreprises se sont raréfiés. De même pour les liquidités au niveau des banques. Ce qui nous a poussé à trouver des alternatives de financement pour les PME et permettre au marché financier de jouer un rôle plus important avec un taux de participation à hauteur des moyennes des marchés émergents soit 30%”.
Selon Bilel Sahnoun, le taux de participation du marché financier dans le financement de l’économie tunisienne varie entre 7 et 10% uniquement.
Notant que le matching entre les PME et les investisseurs n’a jamais été facile et que les levées de fonds se font généralement auprès des proches ou par le bouche-à-oreille, il a soutenu que l’avantage d’avoir des plateformes telle que JoussourInvest.tn est de “multiplier le nombre d’investisseurs qui peuvent voir l’entreprise et celui des deals qui pourraient se faire”.
“En une semaine, depuis le lancement de la plateforme, nous avons eu 90 entreprises sur tout le territoire tunisien qui ont manifesté leur intérêt d’être en contact avec des investisseurs”, a-t-il fait savoir.
Interpellé sur la situation de l’industrie du capital-investissement, Bilel Sahnoun a relevé deux difficultés auxquelles le private equity faisait face : l’évaluation du risque à l’entrée et la difficulté de la sortie.
“Le private equity ne peut s’éterniser dans une entreprise. Il en a pour cinq à dix ans. la sortie future peut donc constituer un frein pour l’investisseur en cas de doute de sa capacité à vendre”, a-t-il expliqué.
“Cette plateforme permet, dans ce cas, d’avoir (une vue d’ensemble) sur une pépinière d’entreprises qui peuvent intéresser le marché alternatif de la bourse ou le marché principal pour celles qui auront réussi”, a-t-il soutenu.
N.J.










