Un collectif de 28 associations et organisations non gouvernementales ont publié, vendredi 2 octobre 2020, un manifeste condamnant les appels à la réactivation de la peine de mort en Tunisie.
Depuis la semaine dernière, des centaines de voix se sont élevées appelant à l’application de la peine de mort contre les criminels inculpés de meurtre et de crimes odieux.
Un viol doublé d’un féménicide – l’affaire Rahma – commis fin septembre dans la banlieue nord de Tunis a relancé le débat sur la peine capitale, toujours en vigueur dans la loi tunisienne mais dont l’application a été suspendue depuis 1991. Le dernier condamné à mort a été le tueur en série de Nabeul, Naceur Damergi, exécuté par pendaison en 1990 pour le viol et meurtre de treize enfants.
Les associations et ONG signataires ont, par ailleurs, pointé du doigt le discours du président de la République, Kaïs Saïed, et dans lequel le chef de l’Etat – enseignant de droit constitutionnel avant son élection – s’est prononcé en faveur de la peine de mort.
“Ces déclarations représentent un grand danger, car contraires d’une part aux engagements pris par l’Etat tunisien en ce qui concerne la suspension de la peine de mort et d’autre part aux principes de civlité de l’Etat”, lit-on dans le manifeste.
Les signataires ont, également, réitéré qu’aucune corrélation n’avait jamais été établie entre l’application de la peine de mort dans certains pays et la réduction du taux de criminalité.










