Le secrétaire général de l\’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a accordé une interview à la TAP dans laquelle il revient sur plusieurs sujets, notamment les négociations pour les augmentations salariales, le rendement des présidences du gouvernement et de la République, leur initiative et les grèves sauvages de certaines coordinations.
Interrogé sur l’éventualité que l’UGTT se prépare à l’ouverture d’un nouveau round des négociations salariales au titre des augmentations de 2020, M. Taboubi a indiqué que l’organisation dispose d’un accord signé par le gouvernement et l\’Union tunisienne de l\’industrie, du commerce et de l\’artisanat (Utica) pour le démarrage des négociations en avril dernier et qui ont été retardées à cause de la pandémie du Covid-19. Et de rappeler que ceci entre dans le cadre de leur rôle central en tant que syndicat.
Pour lui, l’argumentaire du manque de moyens n’est pas plausible, en soulignant la faiblesse des revenus des fonctionnaires et en estimant que le poids actuel de la masse salariale est dû à la croissance molle du pays, engendrée par un échec dans le choix des politiques de développement.
Il a en outre affirmé que l’UGTT a appelé depuis plusieurs années à la réforme des entreprises publiques pour qu’elles participent au développement du pays mais qu’elle n’a pas trouvé une partie responsable capable d’opérer les réformes nécessaires.
En ce qui concerne les déclarations du ministre des Finances selon lesquelles personne n’ose renvoyer un fonctionnaire et si l’union offrait une immunité sans limite aux fonctionnaires, le SG a soutenu que le syndicat défend leurs droits à l’égalité et à un travail décent mais soutien aussi le contrôle et de rendre des comptes, en application aux lois de travail.
M. Taboubi a avoué que la centrale syndicale rejette dans l’absolu les licenciements des agents du secteur public, surtout que le secteur privé connait lui aussi une contraction. L’Etat doit trouver, selon lui, des solutions plus réalistes, notamment en solutionnant les problématiques du marché parallèle pour le recouvrement de ressources financières supplémentaires et mettant en place une équité sociale.
S’agissant de son évaluation du rendement des présidences du gouvernement et de la République, le syndicaliste a estimé qu’il est encore tôt pour évaluer le rendement d’un gouvernement qui a trois mois d’âge, mais ceci dit il faudra que ce dernier ne cède pas au chantage politique et devra regagner la confiance des Tunisiens.
En ce qui concerne le rendement de la présidence de la République, il a répondu par une réponse diplomatique, selon laquelle, après un an, une idée claire est née sur le rôle que devait avoir cette institution, notamment en ce qui concerne la diplomatie économique.
Sur le volet de l’évaluation du régime politique en Tunisie après dix années de la révolution, Noureddine Taboubi a estimé que le régime en place à fait fuir le peuple tunisien de tout ce qui est politique et des prochaines élections. Et d’appeler les citoyens à prendre leur responsabilité nationale en prenant part aux élections et en choisissant minutieusement leurs candidats et partis.
Interrogé sur le dépôt de leur initiative au parlement, le SG a indiqué que l’UGTT n’a pas présenté son intuitive pour un dialogue national à l’Assemblée des représentants du peuple à cause de son silence face aux attaques perpétrées contre l’UGTT à son sein. L’union a envoyé une demande au président de l’ARP pour prendre une position face ces attaques répétitives mais n’a pas reçu jusqu’alors une réponse officielle. Elle continuera à boycotter les travaux du parlement jusqu’à l’émission d’une position condamnant ces attaques, a-t-il précisé.
S’agissant des mouvements de protestation sauvage organisés par certaines coordinations dans certaines régions, M. Taboubi s’est dit contre, surtout qu’ils sont utilisés et détournés par certaines parties pour leurs propres fins. Et de marteler que la position de la centrale syndicale est ferme en ce qui concerne le soutien des protestations sociales organisées et encadrées, qui ne bloquent pas les services essentiels pour le peuple.
I.N










