Le bâtonnier de l\’Ordre national des avocats tunisiens (Onat), Brahim Bouderbala, était l’invité de Boubaker Akacha, ce jeudi 17 décembre 2020, sur Mosaïque FM.
Commentant la commémoration du dixième anniversaire de la révolution tunisienne, Brahim Bouderbala a expliqué que la Tunisie a plutôt vécu des « évènements exceptionnels » ayant engendré un processus révolutionnaire. Il a précisé qu’il ne faut pas regretter cette transition même si les espoirs qu’ont fondés les Tunisiens sur la « révolution » n’ont pas été exaucés.
« Nous ne sommes pas parvenus à réaliser les objectifs initialement revendiqués et notre initiative s’inscrit dans ce sens. L’UGTT ne nous a pas consultés avant de proposer la sienne. Le pays est à l’arrêt et si cela se poursuit il y’aurait des conséquences dramatiques. Depuis cinq semaines le service de la justice est bloqué, c’est très dangereux ! » A poursuivi le bâtonnier des avocats.
Sur le gel du magistrat Taieb Rached, Ibrahim Bouderbela a souligné que cette affaire est très dangereuse et finira par ternir l’image de l’institution judiciaire. « Il s’agit de procédures préventives et non punitives et l’accusé est innocent jusqu’à preuve du contraire, cela dit en ce qui concerne l’opinion publique, il est clair que cette affaire nuit au prestige de l’institution judiciaire et ce n’est pas bon » a-t-il ajouté.
Le bâtonnier est ensuite revenu sur la grève des magistrats, estimant qu’il n’est pas normal qu’un minimum de services ne soit pas garanti et que depuis cinq semaines ou plus toutes les affaires des citoyens soient bloquées.
« Ils sont à l’arrêt depuis plus de cinq semaines et perçoivent leur salaire et ce n’est pas normal, on est censé être payé pour un travail accompli or ils refusent de travailler et nous appelons à l’application de la loi. La situation dans le pays et de ses finances est critique et les revendications fusent de tous les côtés dépassant les capacités de l’Etat. Il est aberrant que le pouvoir judiciaire fasse grève ! Comment une autorité peut-elle faire grève ? Imaginez un peu que le pouvoir exécutif, les présidents et les ministres fassent la grève ou encore le pouvoir législatif… Les grèves sont faites pour les employés, les salariés mais pas pour les autorités c’est absurde ! », a-t-il conclu.
Il convient de rappeler que les juges protestent depuis le 18 novembre contre les conditions de travail « catastrophiques », la dégradation de leur situation financière et le blocage du dossier de la réforme du système judiciaire.
M.B.Z










