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La crue nous emporte, mais la récolte sera bonne…

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    Cette semaine trêve de critiques, de condamnations et de prises de tête. C’est le printemps. Le beau temps est de retour, les festivités ramadanesques sont à nos portes, on entend les gazouillis des enfants contents de jouer dehors, on pense déjà aux baignades d’été… tout cela ça met du baume au cœur. Rien ne pourra entacher ce tableau idyllique.

    Ou peut-être qu’un petit grain de sable viendrait enrayer cet enthousiasme désespéré. Il parait, et ce sont les scientifiques et les chiffres qui le démontrent, que nous en sommes aux prémices d’une troisième vague de Covid-19. Les admissions en réanimation vont crescendo et le nombre de cas positifs s’emballe de nouveau. Le fléau ne nous laisse aucun répit. Trop peu de personnes sont vaccinées pour espérer circonscrire la propagation. Beaucoup de Tunisiens sont sceptiques et ne comptent pas s’inscrire de toutes les façons. Le variant britannique, plus virulent, circule activement. Les citoyens ont en marre des restrictions, le relâchement est tel qu’il devient de plus en plus rare de voir quelqu’un porter un masque ou se munir de gel hydroalcoolique. Partout dans le monde, on re-reconfine. En Tunisie, ce n’est vraiment plus possible. La seule chose qui nous reste à faire est de se protéger, sauf que la psychose d’une méduse toxique introduite dans nos rivages est plus prégnante qu’un virus silencieux qui a déjà tué près de 9000 personnes en moins d’une année.

     

    L’enthousiasme s’écorne un peu plus quand, à longueur de déclarations, les responsables gouvernementaux répètent, l’air de rien, que la situation économique est TRES critique. Il faut dire que les Tunisiens n’ont pas besoin qu’on le leur rappelle. Ils le vivent dans leur quotidien. Une étude récemment publiée s’est attelée à définir les ressources nécessaires pour couvrir les besoins de la population afin d’assurer les conditions matérielles minimales d’une vie digne en Tunisie. Il en ressort qu’un ménage a besoin, au minimum, d’un salaire de 2400 dinars par mois pour pouvoir espérer mener une vie décente. Simple rappel, le Smig est de 429 dinars. C’est pour dire que le temps des déclarations alarmistes devrait être révolu depuis des années, parce que depuis des années, on attend une action concrète, une vision claire, une stratégie sur le court, moyen et long terme. Nos gouvernants en sont encore à travailler sur les contours d’une initiative d’un plan de sauvetage. Rien ne presse, prenez votre temps.

     

    Le tableau s’assombrit lorsqu’on se rappelle, même furtivement, ce qui se passe sur la scène politique. Que dire du marasme dans lequel notre classe politique nous traine depuis le début du mandat. C’est à vous faire rebiffer le plus démocrate et responsable des citoyens. Il nous est échu un président de la République anachronique, inexpérimenté, rigide, responsable en partie de la crise ; un chef du gouvernement déloyal envers celui qui l’a nommé, maniant la langue de bois de l’administratif sclérosé, en adoration devant son douillet coussin ; un président du Parlement impopulaire, roublard, tirant les ficelles afin de se maintenir à flot ; une classe politique à couteaux tirés pour qui le dialogue n’est plus permis, où on surfe allégrement sur le populisme et les extrêmes pour ameuter les foules…

    Tout ce beau monde se crêpe le chignon, ourdit des coups bas et s’entretue pour se positionner sur l’échiquier avec en sus des fans de plus en plus surexcités et agressifs. Les véritables préoccupations des citoyens n’ont qu’à attendre.

     

    Mais le beau temps est là, profitons-en pour être en adéquation avec l’adage tunisien qui dit « La vieille dame est emportée par la crue mais elle assure que la récolte sera excellente ». (لعزوزة هازها الواد وهي تقول العام صابة)

     

     

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