A Sfax, on s’amuse comme on peut en ce début de Ramadan. Sept ressortissants subsahariens ont été arrêtés par la police judiciaire de la région pour consommation d’alcool mardi, jour coïncidant avec le 1er du mois de Ramadan.
La nouvelle a été annoncée, sur Facebook, par la section à l’origine de cet « exploit ».
La police judiciaire de Sfax a eu la délicatesse de ne pas diffuser de photos mais a pris le soin de préciser, dans son bref communiqué, avoir saisi une « grande quantité de canettes de bière » et de saluer « les efforts » de l’unité qui a procédé à l’arrestation des prévenus.
Réagissant à ce « grand coup de filet » de la police, les internautes ont lancé des « bravo » en commentaires pour ainsi marquer leur approbation à cet acte discriminatoire et témoigner de leur foi occasionnelle.
Nous noterons qu’en Tunisie la consommation d’alcool est tolérée dans les hôtels, restaurants touristiques et espaces disposant de licence. L’alcool est vendu légalement au vu et su de tout le monde dans les espaces de grande distribution et illicitement dans des points de vente au noir.
La vente d’alcool est « interdite » aux musulmans les vendredis et les jours de fêtes musulmanes. Brandir un passeport étranger peut, cependant, vous sauver.
La loi, elle, reste floue, au sujet de la consommation d’alcool pendant ou en dehors du mois de Ramadan. Dans son article 317 le Code pénal, inflige une peine de 15 jours d’emprisonnement et une amende de 4.800 dinars pour « ceux qui servent des boissons alcooliques à des musulmans ou à des personnes en état d\’ivresse » et « ceux qui se trouvent sur la voie publique ou dans tous autres lieux publics dans un état d\’ivresse évidente ».
Cet incident n’est pas le premier en son genre en Tunisie. En 2015, un jeune homme, intercepté pour un contrôle de routine, a ensuite été arrêté pour détention d’alcool pendant le Ramadan. Cette arrestation a, elle, provoqué une réaction inverse à celle d’aujourd’hui. La toile avait, alors, crié au scandale.











