L’ancien ministre de la Santé et dirigeant d’Ennahdha, Abdellatif Mekki, a souligné, lors de son intervention ce mardi 11 mai 2021, sur Mosaïque FM, que la visite effectuée par le président du parti, Rached Ghannouchi, au Qatar, s’inscrivait dans le cadre de l’appel au soutien durant cette crise financière profonde que traverse la Tunisie.
« Rached Ghannouchi est parti au Qatar à titre privé. Il ne faut pas oublier qu’il a une envergure internationale et des amis partout, il n’est pas un président de parti comme les autres et il ne s’est pas rendu au Qatar en sa qualité de chef d’Ennahdha ou de celle de président de l’ARP mais en tant que Rached Ghannouchi. Sa visite était donc personnelle mais avait pour objectif de servir le pays et pour sujet ses intérêts » a-t-il expliqué.
Abdellatif Mekki a ensuite confié que le Qatar a consenti à soutenir la Tunisie, « de différentes manières », pour l’aider à surmonter la crise précisant ne pas détenir le détail des engagements qui seront logistiquement et techniquement gérés par le gouvernement.
Le dirigeant nahdhaoui a enfin martelé que la crise politique qui entrave le pays est à l’origine de l’abaissement de la notation de la Tunisie par les agences internationales et qu’elle creuse considérablement la crise économique et sanitaire.
« J’ai toujours mis en garde contre le fait que nous ayons à cumuler trois crises en même temps et nous y voilà ! Le spectre de la faillite plane sur le pays et les politiques n’ont toujours pas compris qu’il est inopportun de se concentrer sur leurs différends en ce moment alors que le pays est à la dérive. Certains veulent même que cette faillite arrive car elle sert leur agenda. Cette crise politique est montée de toutes pièces et il faut absolument la résoudre pour espérer sauver le pays » a-t-il poursuivi.
Abdellatif Mekki a enfin appelé l’UGTT à lancer le dialogue national qu’elle a voulu initier depuis des mois. « Il faut lancer le dialogue avec les présents, mettre tout le monde sur la table et discuter. La politique ne se mène pas par médias interposés mais sur la table. Des questions comme la démission du gouvernement, la démission de Rached Ghannouchi et toutes les autres pourront être abordées, les gens doivent s’écouter, se dire les choses et s’expliquer, ce n’est qu’ainsi que des compromis pourront être trouvés pour qu’enfin on puisse se concentrer sur les véritables dangers économique et sanitaire qui guettent notre pays. Nous appelons et appellerons toujours au dialogue et l’UGTT doit lancer son initiative peu importe si elle ne rassemble pas tout le monde, même si nous continuons à espérer qu’il en soit ainsi » a-t-il conclu.
M.B.Z










