Le prix des cigarettes a atteint aujourd’hui les dix dinars. Un prix jamais atteint par le passé. Le gouvernement a décidé hier d’augmenter les prix des cigarettes avec des augmentations dépassant les 17% pour certaines marques. Le souci est que les prix publics annoncés par le gouvernement ne sont pas ceux pratiqués sur le marché, essentiellement détenu par le commerce informel.
La spéculation frappe le secteur depuis des années, sans que l’Etat ne réagisse. Il était question que les grandes surfaces proposent le tabac dans leurs rayons à partir du 1er juin 2021, mais la mesure n’a toujours pas vu le jour. Du coup, ce sont les commerçants de l’informel qui profitent le plus des augmentations décidées hier. Ils ont acheté des stocks de cigarettes à l’ancien prix et ils le vendent maintenant au nouveau prix, sans craindre aucun contrôle, puisqu’ils n’existent pas officiellement.
Ainsi, pour les marques américaines, les spéculateurs ont acheté le paquet à 7,3 dinars et ils le vendent maintenant à 10 dinars. Soit 37% de bénéfice net, sans aucune ristourne à payer aux impôts.
Au lieu de libérer le secteur puis d’augmenter les prix, afin de contrer les spéculateurs, le gouvernement a fait le contraire sans se soucier du portefeuille du citoyen et encore moins de sa santé.
On estime à entre 365 et 460 millions de dinars par an les bénéfices nets engrangés par ces spéculateurs.
R.B.H.










