Le juge et membre du Conseil supérieur de la Magistrature, Walid Melki, a affirmé que la réforme de la justice tunisienne est indispensable à l’instauration d’une République puissante et forte.
Invité par la radio Express FM, Walid Melki a estimé que la justice tunisienne fait l’objet de campagnes de diffamation. « Le scepticisme vise à empêcher et à obstruer la réforme dans ce secteur », a-t-il ajouté.
Le juge a, également, considéré que la réforme de la justice implique l’étude de plusieurs éléments.
« De son côté, le Conseil de la Magistrature Judiciaire (relevant du CSM) étudie plusieurs dossiers de corruption ainsi que ceux concernant les martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi depuis novembre 2020. En juin 2021, nous avons pris la décision de mettre fin aux détachements des juges. Il s’agit d’une décision importante par rapport à la garantie de la neutralité, l’intégrité et l’impartialité de la justice tunisienne… Nous voulons éviter que la justice ne soit sous l’influence des conflits politiques… Ces efforts doivent être appuyés par le pouvoir exécutif. Ce dernier doit fournir les outils nécessaires à l’amélioration de notre justice », a-t-il poursuivi.
« La neutralité, l’efficacité, l’intégrité et l’impartialité de la justice tunisienne permettront, aussi, d’améliorer la situation économique du pays et d’encourager les investisseurs », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est des polémiques autour de plusieurs juges telles que celle concernant l’affaire de devises étrangères, Walid Melki a assuré que ces individus ne représentent pas la justice tunisienne. « Il s’agit de cas isolés… Le CSM a toujours été réactif par rapport à ces dépassements. Il ne tolère pas les actes portant atteinte à la justice tunisienne et n’en sera pas complice », a-t-il insisté.
Le juge a, également, appelé le peuple et les institutions de l’Etat à se rallier autour des juges tunisiens. « Nous devons éviter tout amalgame entre les cas isolés et les juges intègres », a-t-il ajouté.
Au sujet de l’influence politique sur la justice, Walid Melki a nié l’existence de mainmise dans le passé. « Même s’il y a des tentatives de ce genre, les juges doivent être prêts à y faire face et ne pas tomber dans ce genre de pièges… Ceci reste tributaire de leurs croyances en la neutralité, l’intégrité et l’objectivité de la justice », a-t-il souligné.
Concernant l’affaire des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, Walid Melki a expliqué que, dans le cadre de ses compétences, le Conseil de la Magistrature Judiciaire a étudié le dossier et l’a transmis au ministère public. Il a, aussi, rappelé que le juge concerné par l’affaire a été suspendu de ses fonctions. « La confidentialité des investigations m’empêche d’évoquer plus de détails », a-t-il ajouté.
Revenant sur la grève observée par les magistrats, fin de l’année 2020, Walid Melki a considéré que la liberté d’expression ne doit pas entacher la neutralité de la justice. « Les juges sont libres d’être en faveur ou contre cette grève », a-t-il dit.
Enfin, Walid Melki a expliqué qu’il espère une coopération entre les pouvoirs afin de lutter contre le crime et la corruption.
S.G










