Le député et membre du parti Tahya Tounes, Mustapha Ben Ahmed a réfuté toute reprise possible de l’activité parlementaire au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). « Durant les derniers mois, l’ARP a fait l’objet d’une campagne ne visant plus certains élus mais l’institution en elle-même », a-t-il déclaré.
Lors de son passage sur la radio Express FM, Mustapha Ben Ahmed a affirmé que les leaders de partis politiques ont essayé d’influencer les élus lors de votes de lois, mais, pas de négociations avec des lobbys ou des hommes d’affaires à ce sujet. « Cela fait sept ans que je suis à l’ARP. Je n’ai pas été témoin de choses pareilles. Soit j’en étais inconscient, soit il s’agit d’une pure fiction ! », a-t-il avancé.
« Malheureusement, le discours du président met l’ensemble des députés dans le même sac. Nous avions mené des batailles au sein de l’ARP dont celle contre l’ingérence du président de l’ARP lorsqu’il a affirmé exercer la tâche de diplomatie parlementaire. Notre position était claire. L’ARP a barré la route à plusieurs accords douteux ! On ne peut pas considérer que l’ensemble de cette institution est défaillant ! », a-t-il critiqué. « Après tout, l’ARP reflète la situation de la société tunisienne ! Ceux qui se donnaient à des actes de violences ou à des mascarades sont considérés comme des héros par une grande partie de la société et bénéficient d’une grande popularité », a-t-il continué.
Par la suite, Mustapha Ben Ahmed a souligné l’importance d’identifier les véritables responsables de la dégradation de la situation de l’ARP et d’en identifier les causes. Il a considéré que toute atteinte à la crédibilité du parlement pourrait conduire à sa perte. « Or, on ne peut pas parler de démocratie sans parlement ! », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est de la reprise de l’activité parlementaire, et rappelant qu’il considérait cela quasi-impossible, Mustapha Ben Ahmed a insisté sur l’extrême irritation exprimée par le peuple envers cette institution qui facilite la propagation de rumeurs.
« A l’exception de ceux qui ont été élus juste pour voter en faveur de lois et décisions, plusieurs personnes ont exercé leur rôle de députés avec honnêteté et intégrité… Ceux qui se sont enrichis sans causes, corrompus ou ayant enfreint la loi doivent assumer leurs responsabilités et être traduits en justice », a-t-il continué.
Par ailleurs, Mustapha Ben Ahmed a estimé que l’élection de personnes soupçonnées de corruption n’est que le résultat d’une loi électorale défaillante. « La loi n\’exige pas de Bulletin n°3 pour les candidats aux législatives mais aussi à la présidentielle. Or, on exige cela lors de recrutement dans les entreprises », a-t-il déploré.
« Ennahdha avait réussi à infiltrer Nidaa Tounes et l’entourage de Béji Caïd Essebsi ! Certains individus ont essayé d’influencer Béji Caïd Essebsi. C’est ce qui nous a menés vers l’alliance avec Ennahdha. Néanmoins, au niveau de l’ARP, nous n’avions pas normalisé cette alliance et nous étions en conflit. Par la suite, et en 2019, nous nous sommes ouvertement opposés à l’élection de Rached Ghannouchi au poste de président de l’ARP », a-t-il révélé.
Enfin, Mustapaha Ben Ahmed a considéré que la seule solution pour lutter contre la corruption reste la justice. « Nous sommes contre l’atteinte à la dignité des personnes et les campagnes de lynchage. Ceci influencera le juge qui statuera sur une affaire », a-t-il conclu.
S.G










