Lazhar Jouili, ancien chargé du contentieux de l\’Etat, a indiqué, lors de son intervention, lundi 6 septembre 2021, sur Mosaïque FM, que l’échec politique dans le pays a directement impacté la réussite de la transition démocratique et notamment le dossier de la justice transitionnelle et le dossier de la corruption.
« Il n’y a pas eu de volonté politique, ni dans la lutte contre la corruption ni pour récupérer l’argent spolié ni pour réussir la gestion des biens confisqués. L’institution du contentieux de l’Etat n’a pas été soutenue et n’a pas été écartée des tiraillements politiques. L’institution était impuissante et cela n’avait rien à avoir avec les compétences des personnes qui y travaillent », a poursuivi M. Jouili.
« Il y a toujours eu conflit d’intérêt entre le politique et ces dossiers, et le gouvernement de Youssef Chahed a tenté de s’ingérer dans le travail du chargé du contentieux de l’Etat. L’Etat a aussi remporté un procès contre un homme d’affaires et j’ai été appelé, par le gouvernement, à repousser l’exécution du jugement et à prendre en considération le contexte politique, ce que je n’ai pas accepté de faire. Ce genre d’affaires fait que je n’ai pas été en harmonie avec les gouvernements. Aucun n’a voulu admettre l’indépendance de cette institution », a-t-il ajouté.
Lazhar Jouili a souligné que plusieurs partis ont voulu instrumentaliser le dossier de l’argent spolié à des fins politiques et partisanes notant que les interventions, d’administrations, ministères et de la banque centrale, n’étaient pas coordonnées.
Il a également affirmé que des fonds ont été transférés à l’étranger avant mais aussi après 2011 et que de nombreux partis ont voulu conclure des deals avec des hommes d’affaires qui ont détourné des fonds à l’étranger.
« Il reste encore de l’argent spolié qui n’a pas été identifié surtout que des fonds ont aussi été détournés après 2011 et on ne peut dire avec exactitude si cela n’est pas aussi le cas aujourd’hui », a-t-il conclu.
M.B.Z










