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Noureddine Bhiri, Samira Chaouachi et Bechr Chebbi, défenseurs féroces des libertés !

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    Comme il s’est arrogé tous les pouvoirs, ou presque, le président de la République accapare aussi l’espace politique et par conséquent, la moindre de ses sorties est scrutée de près par les médias. Passage obligé, même si parfois on rabâche. Le président a fait le vide. Il a mis un coup d’arrêt au tumulte d’une vie politique dominée jusque-là par les partis, par la multiplicité de voix, même dissonantes, qui remplissaient l’espace. On vivait un trop-plein et du jour au lendemain les voilà, toutes ces voix, reléguées au second plan, couvertes par celle présidentielle tonitruante, dominante, porteuse d’un projet aux antipodes de tout ce qu’on connaissait.

    Des partis politiques déboussolés, des institutions à l’arrêt, le Parlement avec ses débats et sa cacophonie disparu. Seule la parole présidentielle compte, avec un Kaïs Saïed qui refuse tout dialogue et tout échange. Exit, les corps intermédiaires, plus de rôle d’importance à jouer. Seule l’action présidentielle compte.

     

    Notre président n’a pourtant pas caché ses intentions de tout raser et de rebâtir à nouveau, selon sa propre vision bien évidemment. Peu de personnes avaient vraiment pris au sérieux ce projet qu’il porte depuis des années déjà et qu’il n’a eu de cesse de clamer. On retrouve les mêmes éléments de langage dans les innombrables conférences données à partir de 2011 et dans ses discours post 25-Juillet. Il a un objectif et aujourd’hui, il l’explicite et rafistole ses contours. Au dernier conseil des ministres, il nous en révèle certaines des mesures qu’il compte concrétiser. Le moins qu’on puisse dire, au vu des propositions, est que ça démontre que Kaïs Saïed s’isole sur son nuage utopique et risque bien de mener le pays au crash. Au nom du danger imminent que représente une partie de la classe politique déchue, profitant des mesures exceptionnelles qu’il a en personne proclamées, le chef de l’Etat s’attèle avec méthode à démanteler tout l’édifice et à le refaçonner à l’image de ses convictions. Omni-président que rien ni personne ne semble dévier de sa trajectoire. La fracture est consommée.

     

    Aux moments des grands bouleversements politiques, ce que vit actuellement la Tunisie, la confusion peut s’emparer des esprits les plus sensés. Le phénomène est d’autant plus palpable que les véritables démocrates se retrouvent en perte de repères. La boussole est déréglée, c’est peu le dire. S’opposer à la démarche et à l’hégémonie kaisienne voudrait-il dire s’allier avec ses pires ennemis ? Comment trouver cet équilibre, être en adéquation avec ses principes sans pour autant faire ami-ami avec ceux qui en usent conjoncturellement pour arriver à leurs fins ?

     

    La nausée, au sens propre mais aussi ontologique, qu’on peut ressentir lorsqu’on voit réunis les islamistes d’Ennahdha, d’Al Karama ou autres obscurantistes, les opportunistes de Qalb Tounes, les hurluberlus de la politique aux côtés de démocrates convaincus, dans une manif contre Saïed. Un cerveau normalement constitué ne peut que buguer. Pour les derniers, ils ont été de tout temps utilisés puis jetés quand les premiers recouvraient leurs forces. Ils contribuent à leur donner cette légitimité et cette aura de « respectabilité ». Dindons de la farce ! (Cf. le mouvement du 18 octobre 2005).

    Les Noureddine Bhiri, les Samira Chaouachi, les Bechr Chebbi etc. prétendent aujourd’hui porter les valeurs de la démocratie et de la citoyenneté, des défenseurs féroces des libertés ! Ceux qui ont détruit l’Etat pendant une décennie, ceux qui portent un projet d’une théologie totalitaire, ceux qui ont adoubé les corrompus… leur seule mission est de retrouver le pouvoir qui leur a été arraché un certain 25 juillet, de recouvrer leur domination sur la scène politique et leur mainmise sur les rouages de l’Etat. Les grandes valeurs et les envolées faussement démocratiques ne sont que des moyens pour arriver à leurs fins : le pouvoir. Il est nécessaire de repositionner la boussole et de ne pas se perdre en cours de route.

    Inextricable situation que seul un deus ex machina est susceptible de dénouer.

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