Le représentant permanent du Fonds monétaire international (FMI) en Tunisie, Jérôme Vacher, a estimé que la Tunisie a connu sa plus grave récession depuis l’indépendance en raison de la crise épidémique. Il a considéré que le pays devait élaborer un programme de réformes très profondes dont le FMI voudrait avoir connaissance avant d’entamer un processus de financement.
Dans une entrevue accordée le 16 janvier 2021 à l’Agence France presse, Jérôme Vacher a affirmé que même si les autorités tunisiennes se disaient optimistes sur la possibilité d\’un accord du FMI avant la fin du premier trimestre 2022, les discussions n\’en étaient qu\’à un stade préliminaire. Il a, également, souligné l’importance de la mise en place d’un programme solide et crédible sur le moyen terme qui devrait être communiqué à la population.
Ses réformes, selon la même source, doivent avoir pour objectif la réduction du poids de la fonction publique. Jérôme Vacher a souligné le poids important de la fonction publique (650.000 fonctionnaires) absorbant plus de la moitié des dépenses annuelles de l\’Etat sans compter les collectivités locales et les entreprises publiques.
« Il s’agit d’une situation particulière… La masse salariale de la fonction publique est l\’une des plus élevées au monde empêchant le pays d\’augmenter ses dépenses d\’avenir, d\’investissements, d\’éducation et de santé », a-t-il déploré.
Le représentant du FMI en Tunisie a mis l’accent sur la nécessité d’opérer des réformes au niveau des entreprises publiques employant près de 150.00 personnes et monopolisant certains secteurs. Il a, également, expliqué que le FMI recommandait aux autorités tunisiennes une révision des compensations notamment celles appliquées en matière de carburant et de produits alimentaires. Il a, à ce sujet, considéré que la caisse des compensations de carburant revêtait un caractère inégalitaire. Il a expliqué que le FMI prévoyait une refonte du système des compensations afin de créer des mécanismes destinés à la population défavorisée.
« Par ailleurs, le FMI est conscient de l\’effet catalytique de ses décisions pour les autres bailleurs de fonds, nationaux et étrangers, publics et privés, sachant que l\’Union européenne et plusieurs grands pays ont conditionné toute nouvelle aide à un feu vert du Fonds », a rapporté la même source.
D’un autre côté, Jérôme Vacher a mis en avant la main-d’œuvre tunisienne qualifiée. Il a considéré que le pays était doté d’un capital humain de très bonne qualité et d’une localisation géographique favorable.
« La responsabilité la plus grande est au niveau des décideurs politiques, c\’est à eux d\’agir pour trouver des solutions… La Tunisie n’est pas au bord de la faillite financière… Il y a une gestion budgétaire qui se fait et s\’adapte à la situation, pas forcément optimale mais gérable », a-t-il poursuivi.
S.G










