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Khemaies Jhinaoui : il y a un ralentissement au niveau des aides provenant de l’Union européenne


L’ancien ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a affirmé que la mondialisation englobait l’analyse de la situation interne à un certain pays par ses partenaires. « Nous sommes en train de dialoguer constamment avec eux (L’Union européenne et autres partenaires de la Tunisie, ndlr). Nous devons leur expliquer la situation et nos décisions… Actuellement, ils considèrent que la situation n’est pas claire », a-t-il ajouté.

Invité le 10 mars 2022 par Elyes Gharbi sur les ondes de la radio Mosaïque FM, Khemaies Jhinaoui a souligné l’importance d’un dialogue avec les partenaires de la Tunisie. Il a rappelé que ces derniers avaient un rôle important dans le soutien de la Tunisie auprès du Fonds monétaire international (FMI) et d\’autres bailleurs de fonds.

« L’entretien de ce dialogue et sa consolidation n’est pas exclusif au ministère des Affaires étrangères. Je suis conscient des efforts fournis par ce département. Le gouvernement doit, également, y contribuer. Elle doit expliquer les raisons derrière l’annonce des mesures exceptionnelles et affirmer son attachement à la démocratie. Le silence de la part du gouvernement n’arrange pas les choses », a-t-il déploré.


Khemaies Jhinaoui a considéré que la Tunisie traversait une véritable crise et qu’elle devait souligner son attachement aux choix démocratiques et au processus entamé depuis le 14 janvier. Il a noté un affaiblissement du nombre de visites de délégations étrangères en Tunisie et de celui du nombre de visites de délégations tunisiennes à l’étranger.

« L’absence de canaux de communication aura un impact notamment avec le FMI. Il s’agit d’une organisation politique et non-pas technique. L’acteur le plus influent au sein de cette structure est les Etats Unis d’Amérique suivie par quelques pays européens… Il existe un aspect technique portant sur la capacité à introduire des réformes économiques profondes, mais il existe, également, une évaluation au niveau politique… Selon moi, il y a un ralentissement au niveau des aides provenant de l’Union européenne. Certains projets réalisés en collaboration avec les Etats Unis d’Amérique sont à l’arrêt », a-t-il déclaré.


L’ancien ministre s’est interrogé sur le maintien de l’aide financière octroyée à la Tunisie. Il a estimé que l’Union européenne n’a pas pris de décision reflétant une intention de continuer à collaborer avec l’Etat. « Le projet « Millenium Account », à titre d’exemple, aurait dû être ratifié depuis quelque temps. Il comporte une enveloppe à hauteur de 500 millions de dollars. Nous avions l’habitude de percevoir 300 millions d’euros sous forme d’appui budgétaire annuel de la part de l’Union Européenne depuis 2016 », a-t-il déploré.




Il a insisté sur l’aspect patriotique de l’entretien des relations diplomatiques. Il a souligné le rôle de l’engagement de l’ensemble des acteurs de la scène politique tels que l’UGTT et l’Utica. Il a estimé que le budget octroyé au ministère des Affaires étrangères était très bas. « Il représente moins de 1% du budget de l’Etat. Ceci ne permet pas d’entretenir une politique diplomatique de base… Le gouvernement actuel et ceux qui l’ont précédé sont conscients de cela. Aucun changement n’a été apporté à ce niveau-là », a-t-il critiqué.

Il a salué les efforts des représentations diplomatiques à l’étranger notamment en Roumanie et en Pologne. Il a évoqué leur rôle dans la réussite du rapatriement des citoyens tunisiens.


Par la suite, Khemaies Jhinaoui a mis l’accent sur le maintien d’une stratégie diplomatique stable et basée sur les mêmes principes. « Nous ne pouvons pas nous permettre de revoir les fondements de la relation qui nous unit avec l’Union européenne. Nous restons un pays africain, arabe et musulman », a-t-il expliqué.

Au sujet de la migration, Khemaies Jhinaoui a noté un traitement raciste des individus se trouvant sur les frontières des pays européens et fuyant le conflit ukrainien. Il a, également, évoqué la migration des compétences. « Notre élite est en train de partir gratuitement en Europe », a-t-il déploré.


S.G

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