Le président Kaïs Saïed cite souvent son prédécesseur Habib Bourguiba.
Même s’il y a très peu de points de comparaison entre les deux présidents, Kaïs Saïed devrait l’écouter davantage et, surtout, plus attentivement.
Hier, il a tiré à boulets rouges sur la Commission de Venise, il a tenté de rabaisser ses membres en les comparant aux gondoliers et il les a déclarés carrément personæ non gratæ en Tunisie.
Voici, à titre de rappel (ou d’information) un extrait du célèbre discours de Habib Bourguiba au Palmarium aux côtés du leader libyen Mouammar Kadhafi qui usait, à l’époque, du même discours que Kaïs Saïed aujourd’hui. Les deux parlaient de souveraineté et d’indépendance et refusaient la soi-disant ingérence étrangère.
Bourguiba a alors rappelé comment la Tunisie est dépendante de ces grandes puissances, même dans la fourniture des pièces détachées pour les automobiles ou un simple chauffe-eau. « Tu défies l’Amérique, tu défies l’Amérique, c’est facile de dire ça ; mais tu vas recevoir une râclée en retour ! », a averti le combattant suprême.
Kaïs Saïed, qui défie la Commission de Venise, ignore qu’il défie ainsi l’Union européenne tout entière et que, sans elle, son gouvernement ne pourrait jamais recevoir le crédit du FMI ou souscrire aux nombreux fonds d’aides qu’elle alloue !
La commission européenne a versé la semaine dernière quelque 300 millions d’euros à la Tunisie pour atténuer les répercussions économiques du Covid.
En avril, elle a accordé un prêt de 20 millions d’euros pour faire face aux difficultés engendrées par la guerre en Ukraine.
En mars, des accords de partenariat ont été signés avec l’Union européenne pour un programme d’appui à la transition environnementale avec une subvention de 50 millions d’euros !
Ce qu’a fait Kaïs Saïed hier, c’est juste scier la branche sur laquelle il est assis, sans parler de l’ingratitude.
R.B.H










