L’expert et professeur universitaire en économie, Moez Hadidane, est revenu, mercredi 1er juin 2022, sur les prêts syndiqués en devises octroyés par les banques tunisiennes à l’Etat, et en particulier le dernier en date.
En effet, dans l’édition N°61 du Jort du 30 mai 2022, un décret-loi n° 2022-33 du 30 mai 2022, portait sur l’approbation de la convention de financement conclue le 20 mai 2022, entre la République tunisienne, et un groupe de banques locales pour le financement du budget de l’Etat, d’un montant respectif de 81,5 millions d’euros et 25 millions de dollars américains pour le financement du budget de l’Etat.
Au micro d’Expresso sur Express FM, M. Hadidane a indiqué que l’octroi de prêts syndiqués en devises par l’Etat auprès des banques tunisiennes a démarré à partir de novembre 2017 et que depuis l’Etat tunisien a fait cinq opérations de prêts syndiqués auprès des banques tunisiennes. La dernière opération en date est la sixième. Toutes les autres se sont faites en euros ou en dollars pour un montant total de 5,8 milliards de dinars (pour une conversion faite le jour de l’octroi du prêt, ndlr).
Et de préciser que le montant de l’opération actuelle équivaut au montant de la deuxième tranche du quatrième crédit syndiqué octroyé à l’Etat en 2020.
En réponse à une interrogation de l’animatrice, l’expert a estimé que « s’endetter pour payer le crédit alors que les avoirs en devises ont été de 129 jours d’importations au 31 mai 2022, serait pour faire face aux anticipations de baisse du dinar par les opérateurs économiques. L’objectif étant de maintenir le dinar face aux devises étrangères ».
En outre, il a soutenu que le montant des avoirs spécifiés par la Banque centrale ne concerne pas les avoirs nets de l’Etat mais de l’ensemble des dépôts à terme des acteurs économiques du pays ainsi que les dépôts en devises des étrangers. Il englobe aussi des payements effectués et qui ne sont pas arrivés à l’échéance de payement. Près de la moitié des avoirs en devises du pays, soit 12 milliards de dinars seraient, selon lui, des dépôts à terme.
Pour lui, tant qu’on n’aura pas eu l’accord du Fonds monétaire international (FMI), les prêts syndiqués vont se poursuivre pour provoquer un manque de devises.
I.N










